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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 14:35
Après le très bon reportage de Claude Mourieras  "Le voyage des femmes de Zartalé" sur l'Afghanistan, j'ai été surprise par la beauté de ce peuple de montagnards, leur élégance naturelle, leurs habits chatoyants, bref leur culture. Ces gens n'ont rien. Ils sont trés pauvres et ne mangent pas à leur faim. Ils sont musulmans et dirigés par le dogme des mollahs.
Les femmes sont asservies, analphabètes mais pas bêtes et comme elles le disent, traitées moins bien que du bétail.
N'empêche, ils et elles sont beaux, même sans le strict nécessaire de vie, même sans connaitre l'existence de la machine à laver.

Indéniablement, ces gens ont une culture, même s' ils sont asservis par la religion. On sent bien qu'il y a quelque chose qui les tient, qui les entoure et pas seulement la religion et la loi de l'homme le plus fort mais aussi des formes, des couleurs, des matières...

L'Afghanistan a actuellement très mauvaise réputation en Occident.


Que savons-nous de notre propre culture? Nous qui la vivons ! Que savons-nous de nous même ? Que voyons-nous?

Voyons-nous notre laideur ? Notre aculturation ?

Nous  portons des vêtements industriels, nous vivons dans des maisons industrielles, uniformes et tristes. Nous jettons, nous remplaçons . Nous vivons uniformément comme des millions d'êtres humains sur cette planête avec les mêmes chaines télé, les même réseaux internet, les même téléphones, les même films.... Et comme eux, nous n'avons plus de culture. Nous sommes aculturés par l'industrie et le commerce. Combien de personnes en France vont dans les musées ou voir des expositions? 1% ? Le fameux 1% accordé à la culture? Combien d'artistes dans ce pays ? 0,1 % ?

Sorti des hypercentres des grandes villes, les gens ne sortent plus. Même chez les classes moyennes des grandes villes peu de gens vont voir des expos, visiter des galeries et encore moins achètent des oeuvres aux artistes. 0,01 %? Et ce n'est pas une question d'argent. C'est une problème de culture. 99% des français n'ont aucune notion de l'art, même du 20 ème siècle. Ils connaissent Cézanne et c'est tout. Ils ne connaissent aucun artiste du siècle dernier. Ils ont la télé, la maison, la voiture, l'aspirateur, le lave-linge, le lave-vaisselle, le télèphone....

Nous sommes entourés d'objets industrielles, nous vivons l'industriel. Il n'ya plus de transmission de savoirs. Ni coutume, ni tradition. L'art populaire n'existe plus dans ce qu'il pouvait transmettre de savoirs, de manufactures, de formes, de richesses. L'aculture véhiculée est une aculture industrielle et commerciale. L'oeuvre n'est plus ouvrage. Elle est un symptôme.

L'oeuvre contemporaine portée par la société industrielle commerciale n'est plus qu'un produit d'aculturation. Un symptome d'aculturation. Elle ne fait référence à aucun passé mais à un environnement commercial et industriel, qu'elle détourne (donc ironiquement). Pas de référence ancienne à une histoire de l'art  mais la réference à une production industrielle et commerciale. On parle de produit culturel mais ce sont en fait des produits aculturels n'ayant pour réference qu'un environnement de produits. Armeleder en est une belle démonstration avec sa dernière exposition.
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Une exposition d'oeuvres invisibles  LE MONDE | 31.05.08 | 

Rares sont les expositions d'art contemporain où l'on peut se vautrer dans un lit à baldaquin, s'essuyer les pieds sur une peau de tigre et se chauffer le regard au feu kitscho-conceptuel d'une fausse cheminée à bûches dorées. Voilà pourtant à quoi ressemble l'exposition réalisée par le plasticien helvétique John Armleder au Centre culturel suisse (38, rue des Francs-Bourgeois, Paris-3e. www.ccsparis.com. Jusqu'au 29 septembre).

Une exposition ? Plutôt un appartement avec salle à manger, salon, chambre à coucher. Avec photos et tableaux au mur. John Armleder, a-t-on dit ? On ne décèle quasiment aucune trace de son oeuvre, si ce n'est une peinture à paillettes.

En fait, Armleder a confié à Jacques Garcia, décorateur français célébré pour ses mises en scène de l'hôtel Costes ou du restaurant Fouquet's, à Paris, l'élaboration de ce projet. Armleder lui a demandé de réaliser un intérieur pour un client fictif, selon son bon vouloir.

On pénètre dans ce Centre culturel avec la sensation de violer un espace privé, et déconcerté par les canons esthétiques ici à l'honneur.

Un plafond de pagode cache l'habituelle verrière, d'où surgit un singe sculpté dans le bois ; un lustre à mille plumettes surplombe une longue table de cérémonie. Photographies de Helmut Newton ou de Nobuyoshi Araki, têtes antiques, élégantes chaises chinoises, moquette marbrée de marron : l'atmosphère est lourdement cosy.

Au-delà du décor, cette exposition soulève la question de l'auteur, qu'Armleder met à mal depuis les années 1970 en plagiant la patte des maîtres de la modernité, et en passant d'un style à l'autre.

Qui signe l'exposition ? Armleder ou Garcia ? "La capacité à être versatile, c'est sans doute notre point commun, à Jacques et à moi, répond Armleder. La question de l'auteur doit devenir superflue. Si on doit à tout prix répondre, disons que je considère l'exposition comme une oeuvre de moi, mais dont la substance est produite par Garcia. Mon oeuvre est la simple convocation de cet événement." Une provocation ? "Chaque geste est une provocation, poursuit l'élégant Suisse. Bouger, c'est provoquer ; vivre, c'est provoquer : ce n'est pas pour cela que cela devient une prise de position. Les gens qui verront ce projet comme une provocation sont ceux qui ont un débat avec leurs propres acquis culturels et qui n'arrivent pas à loger ça dans leur échiquier."


Emmanuelle Lequeux
Article paru dans l'édition du 01.06.08
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L'iste contemporain est devenu un sociologue sans critique mais il n'y a plus d'art. Il déplace des objets à consonnance industrielle d'un lieu à l'autre. C'est une sorte de déménageur errant.
Les musées français produisent eux-même de l'aculture dans la production de produits dérivés aculturels: écharpe, tee-shirts, mugs....
Armeleder se trompe s' il pense provoquer. Qui donc d'ailleurs ? Ses propres sponsors ? Il le dit lui-même: il n'y a plus d'auteurs, de créateurs. Mais des commanditaires. Lui-même en est un, dans le grand catalogue des produits de l'aculture.
Les jeun-istes se regroupent sous des noms de marque et ont des logos de graphistes. Ils vendent eux aussi de l'aculture ou essayent d'en retirer quelques sous venant des institutions aculturelles qui elles-mêmes sont dirigées par des personnes aculturées. Vive la France aculturelle! Et comme disent les américains, au moins ici, on peut faire quelque chose. C'est dire à quel niveau d'aculture nous en sommes, après avoir aculturé tout autour de nous, avec nos poches plastiques.

Enfin  vous me direz: on est pas obligé de porter le tchador et de se faire exciser. C'est vrai. Et rien ne vaut la liberté et une révolution aculturelle si elle doit libérer le pied de toutes les chinoises.
Mais regardons de prés, de très prés, notre aculture contemporaine
F.B
 

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Published by Faboisset - dans Observatoire
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