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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 12:09

OU LE POISON AU QUOTIDIEN

L’aluminium est l’un des produits les plus utilisés dans l’industrie automobile ou aéronautique. Nous le retrouvons aussi dans les produits cosmétiques, sous forme d’additif dans les produits alimentaires, dans certains vaccins et même dans l’eau puisqu’il est utilisé dans son traitement. Que faut-il penser de cet aluminium qui nous entoure dans notre vie de tous les jours ?

Les différentes propriétés physiques de l’aluminium – malléable, léger, inoxydable – en font un métal fascinant, précieux dans le secteur de l'architecture. Mais son utilisation dans les emballages, en chimie alimentaire, dans les produits de cosmétique et dans la pharmacopée posent de plus en plus de problèmes.

Discrètement, sans être toujours mentionné sur les étiquettes, l'aluminium s'est glissé dans la composition d'énormément de produits du quotidien...

Les chercheurs s'intéressent de plus en plus aux conséquences de l'aluminium sur notre santé, ils s'intéressent notamment aux personnes vaccinées contre l'hépatite B, un vaccin dont on sait qu’il contient de l'aluminium.

En novembre 2012, le conseil d’État a reconnu un lien de cause à effet entre l’aluminium utilisé comme adjuvant dans un vaccin contre l’hépatite B et la survenue d’une myofasciite à macrophages chez un agent de la ville de Paris.

RÉPONSES D'EXPERTS

Deux experts répondent à une série de questions sur les risques liés à l'aluminium :

Virginie Belle, journaliste dans le domaine de la santé publique et auteur du livre «Quand l´aluminium nous empoisonne.»

Docteur Pierre Souvet, cardiologue dans les Bouches-du-Rhône, président et co-fondateur de l´ASEF. En 2008, il a été élu «Médecin de l´année» en raison de son combat sur les questions de santé environnementale. Il a beaucoup travaillé sur la question de l´aluminium.

 

Les aliments emballés dans du papier alu sont-ils mauvais pour la santé ? Si oui, pourquoi ?

Docteur Pierre Souvet :

«La cuisson d'aliments acides peut provoquer la migration de l’aluminium libéré par les ustensiles ou les emballages vers les aliments. L’aluminium peut être présent sous différentes formes dépendant de la température mais aussi et surtout du pH du milieu. En milieu acide, l’aluminium est présent sous une forme soluble. La migration vers les aliments est donc facilitée. De plus, si le matériel utilisé est abimé ou présente des rayures, le risque de migration est plus élevé.

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Ainsi, après avoir été cuits et conservés pendant toute une nuit dans un récipient en aluminium, 100 g de tomates peuvent renfermer 6,5 mg d'aluminium. Après cuisson, 100 g de rhubarbe ou d'abricots peuvent en contenir respectivement 4 mg et plus de 7 mg. Les quantités peuvent aller jusqu'à 7 mg pour 100 g d'aliments acides.“

 

Est-ce que le déodorant qui contient de l’aluminium, notamment celui en forme de pierre d’alun est mauvais pour la santé ?

Virginie Belle :

 

« Grâce aux propriétés astringentes des sels minéraux qui la composent, les pores de la peau sont rétrécis, ce qui diminue le flux de transpiration. L’alun de potassium et l’alun d’ammonium utilisés dans ces déodorants corporels se dissocient et ont la propriété de se décomposer sous l’effet de la sueur. Ainsi, ces sels seront absorbés sous le bras où ils sont appliqués. Selon le Dr Chris Exley, toxico-chimiste : « Il n’y a pas de différence entre les antisudorifiques contenant du chlorhydrate d'aluminium et les produits dits naturels contenant de l’alun. Nous savons, grâce à nos recherches, que l’aluminium appliqué sous le bras apparaît dans l’urine, il pénètre donc par la peau. » Aussi, mieux vaut éviter les déodorants contenant de l’aluminium, qu’ils soient naturels ou non!

Bien lire les étiquettes des déodorants. Le sans-alu est devenu un argument marketing. Sur certains déodorants, vous pouvez lire "sans alumnium chlorohydrate", mais vérifiez bien au dos qu'il n'y a pas d'autres sels d'aluminium, comme de l'alun de potassium par exemple.»

 

Est-ce que les capsules Nespresso sont mauvaises pour la sante à cause de l´aluminium ?

Docteur Pierre Souvet :

«Quelques prélèvements indépendants ont dosé l’aluminium dans le café réalisé avec les capsules Nespresso notamment ; la quantité d’aluminium y a semblé assez faible au litre (moins de 0 .1mg/litre). A priori ce n’est pas la contamination la plus importante. Mais se posent 3 questions : un autre processus sans alu est surement réalisable ; le conditionnement me paraît volumineux en ces temps où il est légitime de vouloir réduire la quantité de déchets ; quant au recyclage de ces capsules de très, très grands progrès sont à réaliser !»

 

Est-ce que la poussière d´aluminium au travail est nuisible ?

Docteur Pierre Souvet :

«Les microparticules, notamment de petite taille, pénètrent dans le système respiratoire et cardiovasculaire chargées de tous les éléments (métaux, pesticides, pollens etc.) présents dans l’atmosphère ; ce sont de véritables chevaux de Troie. Elles ont été classées cancérigènes et augmentent de façon très significative le nombre de maladies respiratoires et cardiovasculaires.»

 

La vaccination antigrippale est-elle dangereuse ?

Docteur Pierre Souvet :

«Pour tout vous dire je me suis vacciné contre la grippe cette année, car mes collègues généralistes me la décrivaient particulièrement agressive. J’ai bien fait et les vaccins proposés ne contenaient pas d’aluminium. Tous les vaccins n’en contiennent donc pas ; à contrario impossible de se faire un rappel du tétanos sans aluminium. Ce que je réclame avec d’autres c’est que le citoyen ait le choix d’un vaccin sans aluminium pour une maladie donnée ; il faut donc « inciter », par des moyens législatifs, les labos à le faire.»

Virginie Belle :

«L'hydroxyde d'aluminium n'est pas utilisé comme adjuvant des vaccins antigrippaux. Cet adjuvant est toutefois présent dans la plupart des autres vaccins. (Pour certains vaccins développés dans le cadre de la "pandémie" de grippe A, l'adjuvant squalène a été utilisé).»

«En primo-vaccination, il n'est plus possible de trouver des vaccins sans aluminium. Le DTP sans adjuvant, commercialisé pendant plus de trente ans, a été retiré du marché en 2008, au profit d'un vaccin plus cher. Les vaccins adjuvés sur phosphate de calcium ont toujours leur autorisation de mise sur le marché mais ne sont plus commercialisés. Seule la pression des parents et des patients permettrait le retour sur le marché de ces vaccins sans aluminium.»

 

Quelle eau devrait-on privilégier ? L´eau du robinet ou l´eau minérale en bouteille ?

Virginie Belle :

«Privilégiez de l'eau minérale riche en silice, qui favorise l'élimination de l'aluminium.»

Docteur Pierre Souvet :

«En France, l'eau du robinet est globalement de bonne qualité notamment sur le plan bactériologique. Attention aux régions où le taux de nitrates est élevé ; en revanche pour les personnes atteintes de pathologies notamment cancéreuses je propose souvent la consommation d’eau en bouteille sachant que les éléments chimiques qui la composent sont inscrits sur l’étiquette (en général moins de nitrates, de pesticides).Se posent en revanche d'autres problèmes tels que la migration des plastiques de la bouteille dans l'eau ; tout n’est pas résolu sur ce point.»

 

Si on boit de l´eau contenant du silicium, est-ce que l´aluminium sera évacué de l´organisme ?

Docteur Pierre Souvet :

«La silice est en effet un élément limitant l'absorption de l'aluminium mais quand il est dans le cerveau il n'en sortira pas.»

 

Peut-on avoir quelques conseils simples pour limiter l'utilisation d´aluminium dans notre quotidien ?

Virginie Belle :

«Les aliments issus de l'industrie agroalimentaire utilisent des additifs alimentaires contenant des sels d'aluminium. Privilégier une alimentation biologique permet de limiter son exposition à l'alu alimentaire. Ensuite, il faut lire les étiquettes. Un peu fastidieux au début, mais on identifie rapidement les produits en contenant. Privilégier une eau riche en silice et attention à la consommation d'antiacide.»

 

Les plombages, sont-ils dangereux ?

Docteur Pierre Souvet :

«Le problème des plombages est qu'ils contiennent du mercure, neurotoxique ; leur dépose doit se faire avec précaution (aspiration notamment des vapeurs de mercure présentes durant cette opération).»

 

 

L’ALUMINIUM EST UTILISABLE DANS QUASIMENT TOUS LES DOMAINES

   

Chris Exley, toxicologue, est professeur de chimie bioinorganique à l'Université de Keele au Royaume-Uni.  Depuis 1984, il étudie les risques liés à l’aluminium.

L’aluminium est omniprésent : dans les voitures et les boîtes de conserve, mais aussi dans l’eau potable, les déodorants et les comprimés. Quelle est sa réelle nocivité ? Est-il dangereux pour notre santé ? Interview de Chris Exley, spécialiste britannique de l’aluminium.

L’aluminium est utilisable dans quasiment tous les domaines. Métal inoxydable pour les chantiers de construction, métal ultraléger pour la construction automobile, métal inodore et sans saveur pour l’industrie des emballages alimentaires... Ce que l’on sait moins, c’est qu’il est aussi présent dans les médicaments, les cosmétiques, les vaccins et les déodorants. Quels sont les risques sanitaires ? Ont-ils été suffisamment bien étudiés ? Le toxicologue Chris Exley pense que non, et explique pourquoi.

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ARTE : À quoi sert l’aluminium dans les déodorants ?

CHRIS EXLEY : Certains déodorants contiennent des sels d’aluminium. Les fabricants déclarent que cela a un effet anti-transpirant, en fermant les pores. Or, le fait que l’aluminium agit sur les glandes sudoripares peut avoir d’autres conséquences que de seulement bloquer la transpiration sous les aisselles. Des conséquences dont nous n’avons aucune idée.

 

Les sels d’aluminium dans les déodorants seraient à l’origine de cancers du sein. Vous confirmez ?

 

Les indices d’un lien direct entre l’aluminium et le cancer du sein se multiplient : on a trouvé une teneur en aluminium supérieure à la normale chez les femmes atteintes d’un cancer mammaire. Quelle est l’origine de cet aluminium ? Peut-être les déodorants. Mais il faudrait davantage d’études pour le prouver définitivement.

 

On trouve aussi de l’aluminium dans les comprimés pour l’estomac et les vaccins. Pourquoi ?

 

L’aluminium est efficace car il est l’un des éléments chimiques les plus réactifs. Contre les aigreurs d’estomac, il faut un médicament qui normalise le pH de l’acide gastrique. Les sels d’aluminium sont connus pour réagir comme des acides ou comme des bases. Que le milieu soit acide ou basique, ils ont une action neutralisante. Utilisé comme adjuvant dans les vaccins, l’aluminium renforce la réponse immunitaire. Son innocuité dans ce type d’application n’a jamais été vérifiée.

 

Que sait-on de l’effet de l’aluminium dans notre organisme ?

 

L’aluminium est une neurotoxine qui peut rendre malade et même tuer. L’arrivée d’une dose importante d’aluminium dans le cerveau déclenche une encéphalopathie : les neurones meurent massivement. Nous savons aussi que l’aluminium a une influence sur la formation des os et sur la structure osseuse. Notre organisme peut se défendre contre de faibles doses de cet élément hyper réactif, mais il peut aussi être fragilisé face à la maladie.

 

Dans quels cas l’aluminium a-t-il provoqué la mort ?

 

L’action neurotoxique de l’aluminium est connue depuis les années 1970 lorsqu’on a constaté l’apparition d’une démence chez des malades souffrant des reins. En effet, quand on a commencé à dialyser les patients atteints d’une insuffisance rénale, on épurait le sang avec de l’eau du robinet qui contenait de l’aluminium. Les patients développaient des encéphalopathies et beaucoup en sont morts. L’aluminium était resté dans le sang puis avait migré vers le cerveau.

 

Des composés d’aluminium sont aujourd’hui aussi utilisés pour le traitement des eaux potables. Depuis 2001, la quantité d’aluminium dans l’eau potable est limitée à 0,2 milligramme par litre. Cette précaution est-elle satisfaisante ?

 

L’aluminium présent dans l’eau potable est le moindre de nos soucis : on a au moins fixé une valeur seuil. Souvent, il ne dépasse pas 0,05 milligramme par litre, ce qui est préconisé. Mais il faut savoir que ce ne sont pas tant des raisons sanitaires qui ont poussé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à limiter la teneur en aluminium que des raisons liées au goût et à l’aspect de l’eau.

 

Le documentaire « Planète alu » montre un patient atteint de la maladie d’Alzheimer qui a pris pendant plus de 28 ans des comprimés contre les aigreurs d’estomac. L’aluminium favorise-t-il l’apparition de cette dégénérescence ?

 

Il faudrait connaître le dossier du patient. Mais des cas similaires existent. En 1988, une femme a été exposée à de très fortes doses d’aluminium présentes dans l’eau potable. Elle est décédée en 2005. L’autopsie de son cerveau a révélé une forme agressive de la maladie d’Alzheimer et un taux élevé d’aluminium. On notera toutefois que la notice d’utilisation des comprimés contre les aigreurs d’estomac préconise de ne pas prendre ce traitement pendant une période prolongée pour éviter la concentration d’aluminium. Cette mise en garde devrait figurer en lettres capitales sur l’emballage, comme sur les paquets de cigarettes.

 

Le toxicologue Chris Exley est professeur de chimie bioinorganique à l'Université de Keele au Royaume-Uni.  Depuis 1984, il étudie les risques liés à l’aluminium.

Pourquoi les autorités sanitaires ne jugent-elles pas nécessaire d’intervenir ?

 

Les instances en charge de la sécurité des aliments comme l’EFSA défendent en premier lieu les intérêts de l’industrie. Lorsqu’à l’Université de Keele, nous avons constaté un taux bien trop élevé d’aluminium dans du lait en poudre premier âge, l’EFSA ainsi que la Food Standard Agency au Royaume-Uni ont gardé le silence.

 

L’aluminium conduira-t-il à un scandale comme l’amiante ?

 

L’aluminium est tout aussi nocif que le plomb ou l’amiante. Si nous avions plus de moyens pour nos recherches, nous pourrions déterminer le danger qu’il représente réellement.

 

Y a-t-il un consensus au sein de la communauté scientifique quant aux dangers de l’aluminium ?

 

C’est un sujet qui divise. La pression exercée par les lobbies de l’aluminium sur les gouvernements est grande, et elle se traduit en termes de subventions pour la recherche. Si on parvenait à démontrer que l’aluminium peut être une des causes de la maladie d’Alzheimer, d’importants secteurs industriels seraient touchés. Un peu comme si le cours de l’aluminium venait à s’effondrer.

 

Interview : Kristin Bartholmess pour ARTE MAGAZIN

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Published by Faboisset
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