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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 17:23
Vive les sapinettes


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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:37
En outre, les sapins de Noël usagés peuvent être déposés dans les déchetteries de la CUB.

A noter : l'abandon de votre sapin sur le trottoir est passible d’une amende de 2e catégorie pouvant aller jusqu’à 150€.


Voilà ce qu'on peut lire sur le portail propreté de la mairie de bordeaux.

En décembre, de grands sapins ont été installés dans des blocs de ciment et décorés de boules de plastique. Il n'y ar ien de plus navrant que de voir ces arbres, assez laids, élevés et coupés pour faire joli en ville !
Décorer des arbres en vie,  oui!  Décorer des arbres morts,  non !
Ce comportement consumériste dénote le rapport  mortifère que l'abondance confère au vivant. Du gachis !
Et le pire c'est cet article

A Bordeaux, les sapins de Noël sont écolos et recyclables

Aucune forêt n'a été endommagée pour alimenter la ville en sapins de Noël. Comme l'an passé, ils ont été prélevés dans des cultures. Excepté le plus haut, un épicéa de 18 m installé place Pey-Berland, qui provient d'une coupe ONF (Office national des...

Aucune forêt n'a été endommagée pour alimenter la ville en sapins de Noël. Comme l'an passé, ils ont été prélevés dans des cultures. Excepté le plus haut, un épicéa de 18 m installé place Pey-Berland, qui provient d'une coupe ONF (Office national des forêts) réalisée en Aveyron. Les 54 sapins de Nordmann, hauts de 8 m, ont ainsi été fournis par un cultivateur de Montauban, « lors d'un éclaircissage de culture. Cela permet aux autres individus de se développer », précise Gaëtan Wicart, directeur adjoint des espaces verts. Idem pour la soixantaine de Nordmann de 3 à 4 m qui complètent le dispositif, ainsi que pour la centaine de conifères d'1,80 m répartis dans les écoles.

Courant janvier, tous ces arbres seront broyés et réduits en copeaux. Destination finale : le « paillage » des espaces verts municipaux.

M. G.



Élever des arbres pour les réduire en copeaux ! Autant mettre une arète de poisson dans un aquarium.
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 21:34

MAIS QU'EST-CE QUE C'EST ? LA CULTURE À BORDEAUX !

http://www.therugbyworldcup.co.uk/images/stadia/chabandelmas.gif
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 20:56
  • 1946 : Les Portes de la nuit
    • Titre : Les Portes de la nuit
    • Scénario : Jacques Prévert d'après son ballet Le Rendez-vous
    • Photo : Philippe Agostini
    • Musique : Joseph Kosma
    • Chansons :
      • Les Feuilles mortes, paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma (recueil Paroles)
      • Les enfants qui s'aiment, paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma (recueil Spectacle)
    • Décors : Alexandre Trauner
  • Superbe film noir, réaliste et poétique, Carné a l'idée géniale de personnifier le destin sous les traits d'un clochard joueur d'harmonica. Même si le film fait référence à l'épuration d'après-guerre, il nous reste l'ambiance du Paris de la pauvreté, pas si loin de nous finalement.... 
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  • 1995 : Showgirls 
  • Réalisation : Paul Verhoeven
  • Scénario : Joe Eszterhas
  • Musique originale : Dave Stewart
  • Photographie : Jost Vacano
Acteur(s) Elizabeth Berkley Kyle MacLachlan Gina Gershon
Scénario Joe Eszterhas Musique Rena Riffel Dave Stewart
Photographie Jost Vacano
Budget 45 000 000 $ (estimation)

Nominé pour le prix du pire acteur (Kyle MacLachlan), a reçu le prix du pire film, du pire scénario, de la pire actrice (Elizabeth Berkley), du pire couple à l'écran ("n'importe quelle combinaison de deux personnages ou de 2 parties de corps"), de la pire révélation (Elizabeth Berkley), de la pire bande originale et du pire réalisateur pour Paul Verhoeven pendant les Razzie Awards de 1995. Le réalisateur est l'un des seuls primés à être aller chercher son prix.

Film noir, réaliste et pas poétique, Verhoeven a l'idée géniale de personnifier le destin sous les traits d'une fille perdue jouant de ses charmes de danseuse. Même si le film fait référence à la dépravation de l'Amérique par l'argent , il nous reste l'ambiance chaude et vulgaire de Las Vegas, pas si loin de nous finalement....



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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 20:25
Fabrice, je t'aime même si t'es prétentieux et cabotin !

Le théâtre, une leçon d'humilité face aux grands auteurs LE MONDE | 27.12.08 | 14h18  •

Vous dites que c'est pour résister au complot de la bêtise et de la médiocrité que vous avez conçu votre spectacle, "Le Point sur Robert" (Espace Pierre-Cardin), dans lequel vous mêlez des textes de Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes ou Flaubert avec des propos très personnels.

Pour résister, oui, à la haine de l'intelligence, partagée par la gauche et la droite. La gauche parce qu'elle refuse l'excellence au nom de l'égalité, la droite parce qu'elle est obsédée par les contingences matérielles, la gestion, le rendement, et qu'elle ne voit l'art que comme un objet de consommation. Je voulais faire un spectacle agressif contre l'époque, cette époque que je déteste, que je trouve démagogique : à gauche, le nivellement par le nombre, à droite - cette droite actuelle, affairiste et vulgaire -, l'exploitation par l'abrutissement.

C'est votre acte de résistance citoyenne ?

J'ai conçu le spectacle au moment de la dernière campagne présidentielle. Tout le monde, notamment dans le milieu du théâtre, cherchait à accomplir des "actes citoyens". Moi qui n'ai pas une grande conscience politique comme ces merveilleux acteurs de gauche qui s'indignent à tout bout de champ, je me suis demandé ce que je pouvais faire. Et je me suis dit que j'aimerais construire quelque chose autour de Paul Valéry, qui, pour moi, représente le scandale de l'intelligence. Parce que l'intelligence, aujourd'hui, est peut-être ce qu'il y a de plus scandaleux.

Vous renvoyez la droite et la gauche dos à dos ?

Je crois qu'en fait je suis profondément un homme de gauche qui, par passion de la pureté, n'accepte pas le cabotinage, le pathos ni les compromissions des hommes de gauche, et qui du coup s'est transformé en réactionnaire - pas politiquement : je ne vote pas. Je me méfie comme la peste des déclarations généreuses, des grandes leçons. Le philosophe Gilles Deleuze a dit une chose qui me trouble beaucoup : "Un homme de droite pense que la vie s'arrête sur son palier. Un homme de gauche pense que l'Afrique existe." En ce sens, je suis très homme de droite. J'ai un côté célinien : rien de ce qui est sordide dans l'humain ne m'est étranger. J'ai une idée assez médiocre de moi-même, et je me dis que j'ai déjà du mal à gérer ce qui se passe sur mon palier...

Dans le spectacle, il y a Valéry et Barthes, donc, mais aussi une dimension de one-man-show qui n'est pas négligeable. C'est votre côté histrion ?

Tout dépend de ce que l'on entend par histrion... C'est un terme réducteur, quand même. On m'a collé cette étiquette, notamment parce que j'ai beaucoup joué ce rôle à la télévision. Je vais à la télévision pour vendre mes spectacles ou mes films. Je fais le show parce que c'est la seule façon de détourner leur système : je fiche le bazar, et, quand rien ne va plus, je leur balance du Molière ou du La Fontaine en direct... Choisir le one-man-show, c'est faire un pacte contre l'ennui. Cette étiquette d'histrion me fait penser à un mot de Pierre Brasseur dans un dîner où il était invité avec des banquiers. Ces messieurs lui avaient demandé de les faire rire. Brasseur leur avait répondu : "Et vous qui êtes bourrés d'oseille, faites-moi un chèque de 100 000 francs..."

Tout grand acteur n'a-t-il pas une part histrionique importante ?

Oui, mais tout est dans la "part". C'est sûr que je ne suis pas de la tradition des acteurs tristes, graves. Je pense d'ailleurs que tout grand acteur est un acteur comique. Michel Bouquet, par exemple, a une part de drôlerie exceptionnelle. Mais, paradoxalement, la part histrionique n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Ce qui me passionne, c'est de trouver la note : celle des auteurs, et celle de ma confidence. Et à l'intérieur de cela, il peut se passer des choses très bizarres avec le public. Michel Bouquet dit aussi qu'on ne joue pas pour les spectateurs, mais pour quelque chose en eux qu'ils ne connaissent même pas.

Vous admirez aussi beaucoup Laurent Terzieff, qui n'est pas franchement un acteur comique...

Oui, mais Terzieff, il est chrétien... (Rires.) Il est surtout à mille lieues des conventions bourgeoises. Il ne peut pas y avoir d'acteur bourgeois. Il y a une phrase magnifique de Jouvet à Blier - un des plus grands acteurs français, pour moi - dans Entrée des artistes : "Tu joues bourgeois. Tu t'installes confortablement dans un métier qui n'a pas de confort." "Rire veut dire je ne veux pas de l'autre, je n'accepte pas l'autre." Pour en revenir à l'histrion, je pense surtout qu'on ne peut pas ennuyer les spectateurs. Le cinéaste Benoît Jacquot m'a dit un jour que si mes spectacles avaient autant de succès, c'était parce que les gens y avaient enfin le droit de bouger... Alors, histrion, oui, dans le sens où toute cette affaire m'a dépassé : je ne savais pas au départ que j'étais capable de faire du music-hall, d'être aussi drôle. D'autant plus que je hais les spectacles comiques habituels. Cette mécanique conformiste où chaque phrase doit être drôle me révulse : c'est une aliénation. Alain Finkielkraut a raison de dire que nous périrons sous ce genre de rire, le rire qui exclut. C'est aussi ce que pointait Barthes :

C'est ce que vous avez cherché dans ce spectacle ? Une forme qui dérange le spectateur dans son conformisme ?

Sa connerie ! Ses assurances. Comme disait Flaubert : "Qu'est-ce que la bêtise ? C'est celui qui conclut." Le danger à éviter à tout prix pour moi, ce serait de pactiser avec le public contre les auteurs qui forment la trame du spectacle.

Vous êtes avec Barthes, mais aussi au Palace, la boîte de nuit des années 1980, évoquée dans le spectacle...

Mais Barthes allait au Palace ! C'est bien là qu'on voit qu'on a changé d'époque : il n'y a plus que la sinistrose intello d'un côté, et la vulgarité la plus crasse de l'autre. Je ne fais pas de théâtre pour gagner ma vie - je la gagne beaucoup mieux au cinéma. Si je fais du théâtre, c'est pour passer un moment de pure exigence d'intelligence, de drôlerie et de vérité. L'idée, c'est quand même qu'on sorte de là en se disant qu'on est tout petit face à ces grands auteurs, et que ce sont eux qui devraient avoir droit à la parole.

Vous avez l'impression d'être dans une position rare aujourd'hui ?

Oui, parce qu'il y a soit le théâtre subventionné, où l'on est entre soi, soit le théâtre privé, qui est à l'agonie, et surexploite une convention morte : il faut que ça rapporte, alors ils ressassent les mêmes recettes, les mêmes vedettes, et sont incapables d'innover, de perturber, de troubler. Moi j'aime être élevé par des génies, mais aussi rire, rire, rire, et ne pas m'ennuyer. Rire avec Nietszche, quand il dit : "On ne tue pas par la colère, mais on peut tuer par le rire. Alors, tuons l'esprit de pesanteur."

Comment travaille-t-on cette articulation entre la part histrionique et le rôle du passeur de textes ?

La magie miraculeuse de l'écrivain qui devient vie a été ma préoccupation principale pendant trente ans. Je ne me suis occupé que de cela : le texte, l'auteur et la trahison. Avec Jouvet comme guide, et notamment cette phrase : "Ils boursouflent la phrase par leurs intentions personnelles et ils détruisent l'innocence de la réplique." J'ai eu la chance d'apprendre le métier dans le cours de Jean-Laurent Cochet, où il fallait travailler le passage de texte, et pas la confidence personnelle. On devait d'abord apprendre à articuler pendant des heures. Moi, je suis comme Michel Bouquet : je viens sur scène pour passer quelque chose de plus grand que moi. Mais cela ne suffit pas d'aimer et d'admirer Baudelaire ou Molière : il faut savoir les phraser. Cela demande des années de pratique. Comme un pianiste, avec ses gammes.

L'entraînement est fondamental ?

Oui. C'est ce que disaient Artaud et Jouvet : l'acteur doit être un athlète affectif. Si tu n'es pas un athlète, tu es un théâtreux, et tu emmerdes tout le monde. Un acteur est toujours organique. Jouvet, toujours lui, expliquait que l'acteur doit abdiquer son intelligence, pour mieux pouvoir retrouver une autre intelligence, qui consiste à penser la sensation. La réplique, le texte doivent être projetés avec toute l'énergie du corps, sinon ils sont morts, asséchés, et le théâtre perd son pouvoir d'ébranlement.

C'est ce que vous recherchez : ébranler les spectateurs ?

Je crois que je cherche à ce qu'ils lâchent quelque chose d'eux-mêmes qui dépasse leur ego. Il y a quand même quelque chose de l'ordre de la catatonie, de la dépossession, dans le théâtre. Jouvet disait que quand il voyait Giraudoux écouter ses pièces, il entendait son corps se délivrer. "Qu'est-ce qu'une phrase ? C'est un état à atteindre. Qu'est-ce qu'un poète ? C'est une cicatrice", ajoutait-il. L'acteur est là pour délivrer la cicatrice intérieure.

A quoi rêve Fabrice Luchini, maintenant ?

  A la Comédie-Française...

  C'est une blague ?

Pas du tout. J'adorerais cela, que m'ont refusé Jean-Pierre Miquel et Jean-Pierre Vincent : entrer au Français pour deux ans, jouer Le Misanthrope, un Labiche, et quelques Trissotin. Cela m'amuserait énormément.

C'est surprenant...

Oui ? Vous savez, je suis comme tous les acteurs : j'ai un manteau d'Arlequin, des troubles de la personnalité, je dis une chose et son contraire. Barthes avait bien raison d'avoir peur de nous.


Propos recueillis par Fabienne Darge Article paru dans l'édition du 28.12.08
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 19:53
quand la culture est devenu une industrie
 Analyse
"Picasso et les maîtres" : au profit de qui ?
 

Au sein des musées français, il est rare que les querelles de famille se règlent sur la place publique. C'est pourtant ce qui se passe avec l'exposition du Grand Palais, "Picasso et les maîtres", à voir jusqu'au 2 février 2009. Querelle de gros sous, dit-on. C'est vrai. Mais elle est le symptôme qui cache une fracture culturelle plus sérieuse.
Cette exposition doit produire un bénéfice d'environ 1 million d'euros, alors que les événements de ce genre coûtent d'ordinaire plus qu'ils ne rapportent. Trois musées parisiens importants, le Louvre, Orsay et le Musée Picasso, réclament 70 % du pactole, au motif qu'ils ont contribué à l'exposition : ils ont prêté des oeuvres, et les deux commissaires, Anne Baldassari et Marie-Laure Bernadac, sont en fonctions, respectivement, au Musée Picasso et au Louvre.

Ces trois musées réclament l'argent à un organisme d'Etat, beaucoup moins connu du public, bien qu'il emploie 1 000 personnes environ, la Réunion des musées nationaux (RMN). Ses missions sont d'organiser et de coordonner les expositions au Grand Palais - lieu prestigieux et stratégique -, mais aussi d'intervenir (expositions, catalogues, produits dérivés) pour une vingtaine de musées, situés pour la plupart en province, mais qui ne font pas partie des principaux.

Derrière ce million d'euros convoité se livre une guerre bien plus importante, qui pourrait être mortelle. La RMN affirme qu'elle seule peut faire travailler les musées ensemble, notamment pour une opération de l'ampleur de "Picasso et les maîtres". Elle serait surtout le dernier défenseur d'une utopie culturelle, selon laquelle il faut prendre de l'argent aux gros musées pour le redistribuer aux petits établissements. Ainsi, le million de "Picasso" financera des expositions plus difficiles, moins médiatisées, déficitaires, mais qui font avancer la connaissance.

Faux, répondent les gros musées, mais aussi certains petits. Pour eux, il faut supprimer la RMN, intermédiaire inutile, mal géré, lent, qui empoisonne leurs relations avec l'Etat et les collectivités locales. A leurs yeux, c'est un monstre qui suce le sang des grands musées énergiques et pèse sur les petits. En outre, son périmètre est très réduit par rapport à l'activité des centaines de musées français. En somme, la RMN offre un rapport qualité-prix désastreux.

Qui a raison ? Après des années de gestion épouvantable et fort coûteuse pour la collectivité, la RMN a fait des efforts. Sont-ils suffisants ? Un rapport traditionnel de la Cour des comptes doit le dire en février 2009. Mais, pour l'observateur extérieur, cette bataille confuse révèle un triste visage de l'Etat culturel. Elle résulte d'une politique illogique, conduite depuis vingt-cinq ans et fondée sur une contradiction.

Dans les années 1980, quand Jack Lang était ministre de la culture, une impulsion puissante a été donnée aux musées : achèvement d'Orsay, création du Grand Louvre, rénovation de dizaines d'établissements hors de Paris, renforcement des budgets. Il fallait moderniser pour attirer toujours plus de visiteurs. Pour les villes, leurs musées devenaient un enjeu politique et économique. On a alors commencé à parler d'industrie culturelle, d'offre et de demande, d'investissement et de rentabilité. On a commencé à dire qu'un musée doit être géré comme une entreprise et attirer des clients.

Dans ce système, l'entreprise-musée est dirigée par un patron doté d'une large autonomie. Or l'administration des musées n'a pas été conçue sur ce modèle. Etatique et centralisée, héritée du XIXe siècle, constituée de fonctionnaires soumis à une hiérarchie pesante, dirigée de Paris par une direction des musées de France (DMF), elle n'avait jamais raisonné en de tels termes.

Cela n'a pas empêché la nouvelle politique de se mettre en place. L'art, ancien comme contemporain, est devenu à la mode, très prisé des élus comme du public. La mutation est incontestable, avec des musées de plus en plus actifs, des visiteurs par centaines de milliers, des budgets de plus en plus élevés, des espaces loués à des entreprises pour gonfler les ressources propres et le mécénat.

Mais cette mutation n'a été que lentement et partiellement accompagnée par des réformes structurelles. Si l'on voulait que le Louvre ou Orsay fonctionnent comme des entreprises, il fallait leur donner la liberté de leur gestion financière, de leur programmation, de leur recrutement et de leurs achats. Ce n'est pas sans mal, pourtant, qu'ils sont parvenus à échapper par étape à la tutelle de la DMF et à devenir des établissements publics, donc dotés d'une certaine autonomie, comme le Château de Versailles.

UN ETAT INCOHÉRENT

Depuis l'arrivée à sa tête d'Henri Loyrette, le Louvre pousse le système en commercialisant sa marque vers des pays réputés prospères, Etats-Unis ou pays du Golfe. Il continue néanmoins à recevoir une grosse subvention du ministère de la culture, car, en France, le mécénat reste trop faible pour se substituer totalement à l'argent public. Les gros musées sont donc dans une situation d'économie mixte et d'autorité disputée. L'incohérence de l'Etat est de les inciter à être de plus en plus autonomes, parce que l'argent lui manque, tout en les priant de s'entendre avec la RMN, qui raisonne en termes de politique globale, de redistribution, de répartition territoriale et de défense des petits musées. Bref, de service public, comme pour La Poste ou la SNCF.

Le ministère de la culture, plutôt discret sur l'affaire "Picasso", voudra-t-il trancher ce débat ? Ce serait son rôle, mais on y considère peut-être que la situation est déjà irréversible et que le paysage est bien dessiné. D'un côté, il y aurait désormais des établissements, à la fois les plus riches en oeuvres et les mieux situés pour les touristes, au centre de Paris, à Versailles et dans quelques grandes villes où leur rayonnement est considéré comme stratégique - Lyon, Montpellier ou Strasbourg. Et, de l'autre, des dizaines d'établissements qui, certes, ne disparaîtront pas, mais seront réduits à survivre. Les signes ne manquent pas, dans bien des villes, du désintérêt des municipalités pour des lieux culturels coûteux et électoralement peu rentables.

Est-ce cette évolution que le pouvoir actuel souhaite entériner ? En d'autres termes, quelle politique culturelle veut-il ? Le Louvre et la Réunion des musées nationaux attendent la réponse. Ils sont loin d'être les seuls dans ce cas.

 


Service culture

Courriel : dagen@lemonde.fr ; guerrin@lemonde.fr

  Philippe Dagen et Michel Guerrin Article paru dans l'édition du 28.12.08

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 16:32




Le personnage de 2046 est un playboy assez cruel qui a du vécu et s'évoque ses souvenirs. Mister Chow.

2046 est l'un des films les plus personnels de Wong. Le tournage a duré quatre ans.

Tony Leung joue Mister Chow :

Sur quatre ans, forcément, nous ne travaillions pas tous les jours et quand il ne travaillait pas, il écrit, beaucoup, tous les jours. Il dort même parfois sur son bureau et quand il se réveille, il écrit encore. A chaque fois que j'allais le voir, il écrivait encore et encore, tout le temps, constamment. A ce moment-là, quand on voit mon personnage écrire, s'inspirer de ce qui l'entoure pour créer, je l'incarnais lui. Je n'étais plus monsieur Chow, j'étais lui, de la même façon lorsque je lis le chiffre écrit sur la porte et donne le titre à son roman.

Travailler avec lui, c'est quelque chose d'éprouvant. Ne serait-ce parce qu'à chaque fois, les dates de ses tournages sont imprévues et qu'il favorise l'improvisation. A chacun de ses tournages, on est très perdu mais en même temps séduit. On est même au bord d'abandonner ou même de supplier qu'il nous en dise plus. On ne se sait pas où on va parce qu'il change ses histoires même pendant les prises et il ne nous renseigne pas sur ses décisions.
Interview


Mister Chow est-il un homme à femmes, un séducteur ? il semble les aimer, les désirer d'une manière amicale ou animale comme des êtres étrangers et sophistiqués . Il les regarde avec distance et fascination. Elles sont plusieurs mais comme une seule, comme des versions de la même page. Il ne semble en n'aimer aucune, toujours pris dans un temps à rebours, Il les aime au moment où elles ne sont plus là. Il aime ces femmes mais jamais entièrement, jamais complètement. Il aime le souvenir qu'il en a, l'image.
Le film est de ce point de vue virtuose.
Dans le train du futur qui porte son alter ego Monsieur Chow tombe amoureux d'une androîde.
"Pars avec moi". Il n'a pas la réponse à cet amour mécanique, qui se dérègle lentement, réagissant à contre-temps.
2046 est un film sur le contre temps et l'impossibilité d'aimer vraiment dans une réalité où les sentiments sont toujours décalés de part et d'autre, il est trop tard ou trop tôt.
Mister Chow finalement n'aime personne, il est incapable de dire je t'aime et ne cherche pas non plus à ce qu'on lui dise.  Ainsi passent les femmes, amoureuses amies toujours parties.
F.B
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 13:31
Ou l'on apprend dans l'article de Roxana Azimi sur le mercato del arte que sur 17 oeuvres vendues au enchères de D.H, 11 sont reparties chez leur papa.
Bouh !
Finis les pourcentages des intermédiaires.

Bê du coup y peut pu payer ses tacherons qui lui font ses oeuvres
Bouh !
Donc Papa a congédié quelques fistons de sa petite entreprise: sur 22 employés, 7 sont partis.
Je suis bien désolée pour leur gagne-pain mais pas pour les copies qu'ils font dans l'atelier du Père Noël. Vivement qu'on nous débarasse de toutes les merdes néo-pompiers.

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 12:45
Résumé à la hache
du Point de vue
sur l'Art contemporain, le triomphe des cyniques, par Olivier Jullien
LE MONDE | 26.11.08 | 13h31  •  Mis à jour le 26.11.08 | 13h31

 
 Jeff Damien Jan
 éléphant suspendu
 voiture de course en marbre
 La grosse langue des Rolling Stones 

Homard, lapin, en forme de ballons gonflables réalisés en aluminium, toutou gigantesque garni de fleurs, crâne gigantesque
moulage d'un crâne humain incrusté de diamants d'une valeur de 74 millions d'euros

Agneau recouvert d'or

centaines de milliers de scarabées, urines, couteaux et sang 

nouveaux artistes pompiers et académiciens bourgeois, naïveté en moins. 

installation, monumentalité, références au luxe.

grand humour et bricolages inventifs.

Garouste, Blais, Cognée, Favier pour ne citer qu'eux sont inconnus, sans parler de plus âgés, comme Fromanger, Hucleux, Télémaque, Titus-Carmel... et je ne cite ici que ceux résidant en France

productions spectaculaires

débauche de moyens,

tapage médiatique, provocation, spectaculaire, 

crânes, voitures de sport en marbre, gigantesques babioles

yacht, piscines, luxe

crânes, bagnoles, petits chiens, jouets.

kitsch "nains de jardin", "toutous", objets en ballons gonflables, méchants canevas de mercerie, crânes, tatouages de bidasse, bagnole de sport, porno, culture pop 

moulinette, monumentalité, luxe,

jamais se payer,  signes.

 tourbillon spectaculaire, monumentalité, spectacle

goût, bulles spéculatives, valeurs virtuelles, artifice ,excès

postures, inégalités.


Olivier Jullien est agrégé, plasticien et conférencier en histoire de l'art (Ecole normale supérieure-prépa HEC).


Article paru dans l'édition du 27.11.08

 
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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 19:10
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