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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 19:47
http://fr.youtube.com/watch?v=OQWxIrSRDQQ&



Non ce n'est pas un trucage! Ce monticule de corail qui se transforme en pieuvre devant nos yeux est bien réel. Il s'agit de vraies images tournées par le chercheur américain Roger Hanlon qui tente depuis près de 30 ans de décrypter les secrets du camouflage des poulpes, pieuvres, seiches et autres calamars.

Ces invertébrés marins ont plusieurs couches de peau qui sont toutes câblées par un réseau nerveux très fin capable de réagir instantanément et sur des zones très précises pour modifier couleur et texture. Et certaines espèces ont jusqu'à 6 couleurs de cellules (rouge, jaune, marron, noir, bleu, vert) qui sont comme des tâches dont elles peuvent contrôler la taille pour travailler une nuance.

 

Reste à savoir comment l'animal arrive à analyser aussi vite un paysage sous-marin pour y "coller" parfaitement. C'est d'autant plus surprenant que ses yeux ne voient pas les couleurs! Voila un mystère énervant qui résiste encore aux minutieuses études des biologistes. A vous peut-être, future génération de scientifiques amoureux de la mer, de prendre le relais et de résoudre cette belle énigme. 

 © svjlesite.fr

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 14:54
the R&B singer Erykah Badu © Michael Nagle for The New York Times

erykah-Badu.jpg

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 14:00
Les américains n'ont plus le moral. Plus ils sont vieux plus ils se suiciddent. Sauf que là  les quatra-cinqua pêtent la barre. Ils sont aussi dépressifs que s'ils avaient plus de 85 ans. Vieux dans leur tête. A noter, que les trentenaires pêtent la barre aux plus de 65 ans. Yen a marre de la retraite, finissons-en ! Quant aux enfants de tous ces dépressifs, c'est pas mieux. Voilà ce que c'est d'habiter le pays le plus riche du monde.


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 13:38
Le Midlife suicide augmente.  © New York Times   par PATRICIA COHEN            Extraits traduits

Une augmentation exceptionnellement élevée des suicides chez les Américains d'âge moyen au cours des dernières années.

Les analyses du taux de mortalité publiées récemment par le gouvernement fédéral Centers for Disease Control and Prevention ont constaté que le taux de suicide chez les 45 à 54 ans a augmenté de près de 20 pour cent de 1999 à 2004. Il dépasse de loin celui de tous les autres groupes d'âge.

Pour les femmes de 45 à 54, le taux bondit de 31 pour cent. "C'est certainement une hause des tendances du passé», a déclaré Ann Haas, le directeur de la recherche de la Fondation américaine pour la prévention du suicide.

En revanche, le taux de suicide chez les 15 à 19 ans a augmenté de moins de 2 % au cours de cette période de cinq ans - et a diminué chez les personnes de 65 ans et plus.

La question est de savoir pourquoi. Que s'est-il passé depuis 1999 qui a fait que le taux de suicide soit brusquement monté  principalement pour ceux qui sont dans la quarantaine? 

Les experts affirment que  les taux de suicide chez les personnes jeunes et très âgées ont attiré la grande majorité des nouvelles ressources en matière de prévention. Par exemple, 82 millions de dollars a été consacrée à des programmes de prévention du suicide chez les jeunes en 2004. Le suicide d'âge moyen, par comparaison, est souvent considérée comme venant à la fin d'une longue descente en enfer, un problème d'alcooliques et de toxicomanes.

Il existe un «système national de soutien pour les personnes de moins de 19 ans, et ceux de 65 ans et plus», a ajouté le Dr Caine, mais pas pour les personnes entre les deux, même si "l'essentiel du poids du suicide est au milieu des années de la vie."

Sur les  32000 personnes qui se sont suicidés en 2004, 14607 avaient de 40 à 64 ans (6906 d'entre elles ont 45 à 54); 5198 avaient plus de 65 ans, 2434 avaient moins de 21 ans.

Ce qui complique toute analyse est la nature du suicide lui-même. Il ne peut pas être diagnostiquée par une simple radiographie ou analyse sanguine. Les statistiques officielles incluent la méthode de suicide - un fusil, par exemple, ou d'une surdose de drogue - mais ils ne disent pas si la victime était un toxicomane ou un premier temps toxicomane. 

Pour le moment, le principal suspect est la hausse vertigineuse des recours - et de l'abus - des médicaments d'ordonnance. Au cours de la même période de cinq ans , il ya eu une augmentation vertigineuse du nombre de surdoses de drogue, à la fois intentionnelles et accidentelles, comme celle qui a récemment tué les 28 ans l'acteur Heath Ledger.Les drogues illicites aussi peuvent accroître les comportements à risque.

Si l'on examine la curieuse augmentation de 28,8 pour cent le taux de suicide chez les femmes âgées de 50 à 54, Andrew C. Leon, professeur de biostatistique et psychiatrie à Cornell, a suggéré qu'une baisse de l'utilisation de la thérapie hormonale substitutive, mais le Dr Leon met en garde contre cette spéculation.

Malgré la forte hausse des suicides chez les femmes d'âge moyen, le nombre est encore relativement faible: 834 dans les 50 à 54 ans dans la catégorie 2004. Dans l'ensemble, quatre sur cinq personnes qui se suicident sont des hommes. (Pour les hommes de 45 à 54, la moyenne quinquennale augmentation était de 15,6 pour cent.)

Au cours des cinq dernières années, a déclaré le Dr Katz, l'agence a constaté que les taux de suicide les plus élevés ont été parmi les hommes d'âge moyen et des femmes. Et parmi les anciens combattants, les plus touchées ne sont pas de retour de l'Iraq ou l'Afghanistan, at-il dit, mais ceux qui ont servi au Vietnam ou juste après.

Cette observation semble correspondre à ce que M. Myrna Weissman publie dans The Journal of the American Medical Association. Une raison possible est la pressions croissantes de la vie moderne, comme le changement de forme des familles, qui éloigne des amis et des parents. Les réseaux de soutien social s'appauvrissent.

Plus récemment, des rapports d'une étude couvrant 80 pays, a révélé que dans le monde, les gens d'âge moyen ont été plus malheureux que ceux de toute autre catégorie d'âge, mais cette conclusion a été contestée par d'autres recherches, qui ont constaté que chez les Américains, l'âge moyen est de le plus beau moment de la vie.

 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 13:02

L’alcool ne fait pas oublier, bien au contraire...ou les rats comme les humains n'oublient pas.

Une étude menée par des chercheurs de l’université de Tokyo révèle que l’alcool n'aide pas noyer le chagrin, il ne fait que le prolonger. L’équipe dirigée par le professeur en pharmocologie Norio Matsuki explique que l’éthanol contenu dans l’alcool ne fait pas oublier, comme on le croit généralement, mais, au contraire, conserve les souvenirs.
 
Les chercheurs sont parvenus à cette découverte en testant des rats de laboratoire à qui ils ont infligé des décharges légères pendant plusieurs jours avant de les replacer dans leur cage. Les rongeurs sont devenus terrorisés à chaque fois qu’on ouvrait la cage. Les chercheurs ont alors injecté de l’alcool à certains rats et du sérum physiologique aux autres afin d’étudier les réactions des deux groupes. L’étude a démontré que la peur durait plus longtemps - en moyenne deux semaines - chez les rats recevant une dose d’alcool que chez les autres.
 
«Si nous appliquons ces résultats aux humains, cela veut dire que les mauvais souvenirs dont on veut se débarrasser vont durer plus longtemps si l’on absorbe de l’alcool, même si cela procure une certaine euphorie sur le moment,
avancent les scientifiques. Pour oublier quelque chose de négatif, il vaut mieux l’effacer par quelque chose de positif le plus vite possible et ne pas toucher à l’alcool.»
 
Les conclusions de l’étude ont été publiées dans la revue académique américaine Neuropsychopharmacology.

© Libération
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 12:58
S aime S  Article paru dans l'édition du 17.02.08 © Le Monde


N CONNAISSAIT le détecteur de mensonge. Voici le détecteur d'amour. En Corée du Sud, la société KTF propose un téléphone portable qui mesure le degré d'attachement et de franchise de votre interlocuteur. Lors d'une conversation, les modulations de sa voix sont analysées, et une « échelle d'amour » s'affiche sur l'écran. Puis vous recevez par SMS un rapport détaillé sur les sentiments que vous porte cette personne.

Finis donc les craques et les bobards. Finies les menteries du genre « Je suis au bureau, complètement débordé », quand on se dore sur une plage en galante compagnie. Finis les dissimulateurs et les imposteurs. Le téléphone, lui, ne ment pas.

 

Ce sera bientôt un outil indispensable pour nouer une relation solide avec quelqu'un. Surtout, n'engager aucun contact direct : toujours passer par le téléphone. C'est à distance, et sans fil, que se nouent les vrais liens. Le love detector proposera des forfaits de plus en plus intéressants, des communications illimitées. Sachant que l'élu de votre coeur pourra être désélu par un simple SMS.

Robert Solé


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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 16:34

Les aveux de Misha Defonseca     

Misha Defonseca, l'auteure contestée du livre « Survivre avec les loups », admet que l'histoire de son épopée à travers les forêts d'Europe qu'elle aurait parcourues en 1941 avec une meute de loups n'est qu'une œuvre de fiction, pas un récit autobiographique comme elle le prétendait depuis dix ans. 

« Oui, je m'appelle Monique De Wael, mais depuis que j'ai quatre ans, je veux l'oublier. Mes parents ont été arrêtés quand j'avais quatre ans. J'ai été recueillie par mon grand-père, Ernest De Wael, puis par mon oncle, Maurice De Wael. On m'appelait « la fille du traître « parce que mon père était soupçonné d'avoir parlé sous la torture à la Prison de Saint-Gilles. A part mon grand-père, j'ai détesté ceux qui m'avaient accueillie. Ils me traitaient mal. Je me sentais autre. C'est vrai que, depuis toujours, je me suis sentie juive et plus tard, dans ma vie, j'ai pu me réconcilier avec moi-même en étant accueillie par cette communauté.

Alors, c'est vrai que je me suis raconté, depuis toujours, une vie, une autre vie, une vie qui me coupait de ma famille, une vie loin des hommes que je détestais. C'est aussi pour cela que je me suis passionnée pour les loups, que je suis entrée dans leur univers. Et j'ai tout mélangé. Il est des moments où il m'est difficile de faire la différence entre ce qui a été la réalité et ce qu'a été mon univers intérieur.

Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre. Au début, je ne voulais pas la publier et puis je me suis laissée convaincre par Jane Daniel. On m'a fait croire, et je l'ai cru, et cela a été vrai, que cela apparaîtrait comme un message de vie. Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis, mais je les supplie de se mettre à la place d'une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre, qui plonge dans un abîme de solitude et de comprendre que je n'ai jamais rien voulu d'autre que de conjurer ma souffrance. »

  « Je me suis raconté une vie, une autre vie. Je demande pardon », déclare-t-elle au « Soir », mettant ainsi fin à une vive polémique.

Dans la journée de jeudi, « Le Soir » avait présenté à Mme Defonseca des preuves irréfutables, rassemblant notamment la biographie de résistant de son père et le témoignage confondant d'une de ses cousines retrouvées à Bruxelles. C'est à la lecture des informations que s'apprêtait à publier « Le Soir » que Mme Defonseca a admis ce qu'elle réfutait depuis tant d'années. Jeudi matin encore, lesoir.be publiait les affirmations de Misha Defonseca, s'affirmant juive et proclamant la réalité de son histoire.

Le livre « autobiographique » de Misha Defonseca a été adapté dans un film eponyme réalisé par Vera Belmont. Plus de 6 millions de spectateurs l'ont déjà vu. Il devrait être présenté la semaine prochaine en Allemagne.

MARC METDEPENNINGEN © lesoir.be 29 février 2008


«Survivre avec les loups» : la supercherie

«Le succès de mon livre était pour moi un cri d'espoir, de rejet de l'horreur, et il aidait, surtout les jeunes, à comprendre ce qu'avait été le cauchemar des années de guerre. Aujourd'hui, je me sens traquée de nouveau et c'est un sentiment effroyable», confie Misha Defonseca (ici, avec Mathilde Goffart, la jeune actrice du film tiré de son roman «Survivre avec les loups»). Crédits photo : SIPA


LE FIGARO. Comment vous appelez-vous vraiment ?

Misha DEFONSECA. Je m'appelle Monique Dewael, mais depuis que j'ai 4 ans je veux l'oublier. Mes parents ont été arrêtés quand j'avais 4 ans. J'ai été recueillie par mon grand-père, Ernest Dewael, puis par mon oncle, Maurice Dewael. On m'appelait «la fille du traître» parce que mon père était soupçonné d'avoir parlé sous la torture à la prison de Saint-Gilles. À part mon grand-père, j'ai détesté ceux qui m'avaient accueillie. Ils me traitaient mal. Je me sentais «autre». C'est vrai que, depuis toujours, je me suis sentie juive et plus tard, dans ma vie, j'ai pu me réconcilier avec moi-même en étant accueillie par cette communauté.

Alors, c'est vrai que je me suis raconté, depuis toujours, une vie, une autre vie, une vie qui me coupait de ma famille, une vie loin des hommes que je détestais. C'est aussi pour cela que je me suis passionnée pour les loups, que je suis entrée dans leur univers. Et j'ai tout mélangé. Il est des moments où il m'est difficile de faire la différence entre ce qui a été la réalité et ce qu'a été mon univers intérieur. Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis.

Comment réagissez-vous à la polémique qui enfle en France et qui remet en cause la véracité de Survivre avec les loups ?

Je suis profondément triste. Cette histoire, je l'ai gardée si longtemps en moi !... Un jour, dans une synagogue, où je me sentais si bien, on m'a demandé de parler de moi, de mon histoire, à l'occasion de Yom Hashoa h, jour du souvenir. De retour chez moi, mon mari m'a convaincue de le faire, me disant que ça me libérerait. Lorsque je suis montée à la bima (chaire, NDLR), j'ai pris soudain conscience que j'allais parler pour la première fois. J'ai fondu en larmes et puis, doucement, par bribes, je me suis mise à raconter. L'assistance et les miens qui me réchauffaient de leur présence pleuraient.

Mon histoire, je ne la livrais pas au grand public. Si j'ai commencé à parler dans plusieurs universités américaines, c'était à leur demande. C'est alors que j'ai été harcelée par une femme, Jane Daniel, qui se disait éditrice et qui voulait faire un livre sur ma vie. Pendant plus de deux ans, j'ai refusé, mais ma communauté et mes amis me disaient : «Grandis, Misha, fais-le pour les générations futures.» J'ai rassemblé mes souvenirs et le livre a été écrit. Je me suis partiellement reconnue dans cette histoire. C'était la mienne, même si sur certains événements, des dates notamment, j'ai dû accepter les suggestions de l'éditrice.

Le succès de mon livre était pour moi un cri d'espoir, de rejet de l'horreur, et il aidait, surtout les jeunes, à comprendre ce qu'avait été le cauchemar des années de guerre. Aujourd'hui, je me sens traquée de nouveau et c'est un sentiment effroyable.

N'avez-vous jamais été surprise que personne ne remette vraiment en cause l'authenticité de votre récit et ses invraisemblances ?

J'ai raconté tout ce qui me revenait et comme cela me revenait. Sans jamais pouvoir vérifier, car j'étais une enfant. De tout mon être, j'ai ressenti, jour après jour, que mon histoire est vraie. Mes nuits ont été peuplées de cauchemars, la réalité s'y mêlait. Mais aujourd'hui une telle haine…

Le fait que votre livre soit présenté comme une biographie et non une fiction a-t-il eu un impact, selon vous, sur son accueil ?

Je n'en sais rien, et puis pour moi ce n'était pas une fiction. Mon avocat m'a dit que c'était «ma» vérité. Il a raison, c'est ma vérité et vous savez, moi, je n'ai jamais voulu l'écrire, faire de l'argent avec tout cela. Je ne voulais rien publier. C'est mon éditrice américaine, Jane Daniel, qui a vu dans ma vie une mine d'or, et c'est elle seule qui en a profité.

© Valérie Sasportas 29/02/2008  

 

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Published by Faboisset - dans Littérature
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 17:38
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Published by Faboisset - dans Peinture
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 14:32
 Le musée Unterlinden à Colmar présente une chronologie de la création du triptyque d’Issenheim. Une première exposition, en France, sur le maître allemand du XVIe siècle.
Vincent Noce © Libération  mercredi 27 février 2008

Grünewald et le retable d’Issenheim
 

Garance, vivianite, verdigris, vert de mer... le laboratoire de recherche des musées de France a fait une plongée dans la couleur de Matthias Grünewald pour essayer de comprendre la fascination qu’alimente, depuis près de cinq siècles, son triptyque réalisé pour l’église des Antonins d’Issenheim, en Alsace. Une exposition assez disparate autour de ce retable a l’avantage, dans sa dernière section, de présenter ces découvertes.

De cet artiste majeur, on ne sait pas grand-chose, sinon que le nom de Grünewald lui a été affublé par erreur au XVIIe. Il s’appelait en fait Mathis Gothardt Neithardt, né à Würzburg (Bavière, Allemagne), entre 1460 et 1475 et mort à Halle (Saxe, Allemagne) en 1528. Une douzaine de peintures tout au plus peuvent lui être attribuées (1). Malheureusement, exposition et catalogue alternent spéculations et erreurs difficilement pardonnables.

Hachures. Sont ainsi rapprochées trois études de drapés supposées étayer l’idée d’un «contraste immense entre les draperies policées des peintres flamands et les étoffes représentées par Grünewald». Et d’en tirer une influence qui «conduit sans équivoque vers l’Italie». Or, cette confrontation montre simplement l’opposition entre trois grands artistes : ayant recours aux hachures pour faire ressortir les volumes, Dürer a un dessin de graveur ; Léonard de Vinci un dessin de peintre ; et Grünewald un dessin de dessinateur, ce qu’il est avant tout…

Le vrai catalogue, c’est la publication du Centre de recherches des musées de France (2). Evidemment, elle n’a pu jouir d’une diffusion considérable dans la mesure où, en un joyeux désordre, elle brasse français, anglais et allemand. Les scientifiques y savourent cependant leur revanche sur l’histoire de l’art, en reprenant certains commentaires farfelus qui ont accablé Grünewald au fil des siècles. Alfred Michiels trouve ainsi «ridicules» des touches «de jaune», qui sont en fait des salissures. Hubert Janitschek ne voit «rien de graphique» dans son œuvre. Heinrich Schmid, qui assure que ses pigments sont liés à l’eau, rapproche l’artiste de Vélazquez et Manet. Il attribue les contrastes entre les différentes parties de ses tableaux à son caractère probablement dépressif. Cet historien fait figure de contre-exemple parfait, puisque, en 1903, il a cassé le panneau de Saint Antoine en le faisant tomber. Il ment d’ailleurs dans son texte pour dissimuler l’importance de la fracture.

Radiographie. Plus sérieusement, cela fait une trentaine d’années que le laboratoire conduit aujourd’hui par Michel Menu étudie ce chef-d’œuvre. Le synchrotron, l’accélérateur de particules de Grenoble, a été mis à contribution pour analyser la composition de vingt-deux échantillons, dont l’étude a été complétée par d’autres analyses, sans prélèvement, de cent cinquante-trois points du triptyque. La nuit, on mettait en route un appareil de radiographie, en arrêtant la circulation en bordure du musée pour protéger les passants des rayonnements. Neithardt s’affirme comme un dessinateur, qui construit énormément ses compositions. Il traçait d’abord sur son panneau des dessins élaborés au fusain, et sans doute à la sanguine. Son dessin est plus dépouillé que celui de Dürer ou Schongauer, ce qui n’implique pas de le rattacher aussi abruptement à l’influence italienne. L’exécution, suivant la tradition flamande, reste extrêmement soignée. Et Grünewald tire ses formes de la sculpture rhénane. Cette dramatisation par le trait se retrouve dans des dessins qu’il ajoute en surépaisseur à la couche picturale, retraçant de noir un bras ou les plis d’un vêtement.

Les études montrent aussi que le peintre commençait par planter son décor, en laissant vides les contours des figures. Paysages et grandes surfaces pouvaient être brossés par touches assez vigoureuses. Ensuite, il peignait chairs et drapés tout en finesse. L’exposition présente ainsi une copie de la Tentation de saint Antoine, qui laisse un grand espace vierge pour le manteau. Tout porte à croire que ce dessin aquarellé, qu’on avait longtemps cru plus tardif, serait en fait une copie exécutée en cours de réalisation de l’œuvre. L’artiste y ajoutait son génie de coloriste. Les graphiques montrent une extension de sa palette largement supérieure à celle de Cranach, Schongauer ou des peintres de l’école du Danube.

Surréalistes. Mais la distinction majeure est l’usage fréquent des glacis, qui confère à ses œuvres cette résonance particulière qui a fasciné jusqu’aux surréalistes. Développée un demi-siècle plus tôt par Van Eyck, cette technique consiste à superposer plusieurs couches d’une laque semi-transparente, obtenue par décoction. A force d’ajouts, le peintre atteint des saturations beaucoup plus poussées que celles auxquelles peut prétendre la peinture à l’huile. Après une dizaine de couches, les tons s’assombrissent. Ces effets de saturation et d’éclat sont éventuellement ajustés par des adjonctions de blanc de plomb. Pour Michel Menu, toute «l’invention de la couleur» si spécifique du peintre tient à cette «superposition savante». Il peut ainsi poser des premières couches de cendres bleues, une azurite artificielle, pour terminer, en surface, par une azurite bien plus chère. Comme cette dernière est composée de gros grains, la pâte est beaucoup plus longue à sécher, ce qui explique que le manteau de saint Antoine ait été gardé pour la fin.

Le peintre fait aussi vibrer ses étoffes de sous-couches de rouge, recouvertes de bleu ou de vert. Comme l’explique une restauratrice, Carole Juillet, pour le manteau de saint Antoine, sur un rouge soutenu, il superpose des couches d’azurite, mêlé à du blanc et des touches de laque rouge. Et il obtient cet «extraordinaire éclat» d’un bleu lavande jamais vu dans l’histoire de la peinture.

 

(1) Voir aussi «Grünewald und seine Zeit», exposition autour de ses crucifixions à la Kunsthalle de Karlsruhe, jusqu’au 2 mars.

(2) «La technique picturale de Grünewald et de ses contemporains», numéro spécial de la revue Technè du C2MRF.

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Published by Fabienne Boisset - dans Peinture
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 15:30

L’émission du mercredi 20 février Ce soir ou jamais

Débat : Les jeunes générations et leur vision du monde

Encore un tour chez Taddeî, décidemment j'ai rien à faire de mieux que de regarder la télé.

Résumé des jeun's : on veut des sous, on veut des droits, on veut que ça change. Tous d'accord sur la gérontocratie français.

Pour illustration de la  génération précédente, un film portrait sur un jeune homme de 1968.

Résumé: il s'emmerde, il a pas de travail, il a pas fait d'études.....

Et là, ça devient intéressant parce que personne n'a relevé sur le plateau cette monumentale, énorme différence.
maintenant le jeune qui a fait des études galère autant que ce pauvre mec qui n'en avait pas fait. Et c'est ça l'ENORME différence entre 1968 et 2008.
Aprés 5 ans d'études, tu te retrouves avec un boulot de prolo payé au smic.

En 1968, les jeunes des facs qui ont fait leur révolution, savaient qu'en sortant diplomés, ils auraient un job... Finalement 68 n'est qu'une révolution bourgeoise.

Le problème était donc ailleurs que dans ce débat. le vrai débat se pose sur la structure de l'enseignement français et l'ENORME MENSONGE, que  l'on peut qualifier de culturel, qui est entretenu dans tous les milieux sociaux.

En 2008 Bac +5 = PROLO

C'est ce que j'appelerais le lumpen dilplome. Une main d'oeuvre intellectuelle payée en emploi non qualifié.

Les jeunes ont bien raison d'avoir les boules. La société française leur ment.

Un joli mot de la belle Safia Azzedine on devrait valoriser les métiers manuels.

Et pour se consoler, parce qu'ils en rêvent tous de faire un carton sur les ondes:

  Pop Music    Live : Ben’s Brother      L'excellent  "Let me in, Let me out"



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