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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 15:40
Une entreprise comme il faut
(France, 2004, 55mn) ARTE F  Réalisateur: Thomas Balmes

 
Nokia cherche à devenir une entreprise "éthiquement" correcte, même dans ses usines chinoises.
Mais que se passe-t-il quand un cadre rend compte de dysfonctionnements ?


Faire des bénéfices ou rester moral ? La question est d'autant plus critique pour une société comme Nokia lorsqu'elle déplace sa production en Chine, là où la main-d'oeuvre est bon marché, et le droit du travail réduit à sa plus simple expression. En 2004, face à la pression des fonds d'investissement éthique qui réclament la preuve que les sous-traitants de Nokia respectent un minimum de règles, la société finlandaise décide de se doter d'une "directrice de l'éthique". À peine nommée, Hanna Kaskinen est chargée d'aller faire un contrôle chez deux fournisseurs en Chine.
Voir le Film 1
Voir le Film 2
Le chat et la souris
L'usine chinoise va surprendre : exploitation des ouvrières, hygiène déplorable, abus de pouvoir, logements insalubres, discipline carcérale... Mais ce qui fait l'intérêt du film n'est pas tant la liste de ces manquements que le jeu du chat et de la souris auquel se livrent les représentantes de Nokia et les cadres locaux (l'usine appartient à un groupe allemand). Si, en l'occurrence, les deux femmes sont les plus fortes, la société Nokia a-t-elle réellement les moyens (et la volonté) d'imposer au sous-traitant de nouvelles règles


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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 15:24
Du côté des "anges"  (France, 2007, 53mn) ARTE F  Réalisateur: Jean Robert Viallet, Mathieu Verboud

D'Enron à Airbus en passant par Veolia, ces justiciers modernes ont choisi de révéler secrets frauduleux ou négligences graves, en interne ou au public, à leurs risques et périls.

Dire la vérité a toujours un prix. Un prix pour qui l'entend, pour qui la dit et... pour qui la cache. Plus on gravit l'échelle du pouvoir, plus le prix du silence augmente. Un jour, quelqu'un décide qu'il ne peut plus se taire et sa vie bascule. Aux États-Unis, ce quelqu'un s'appelle un whistleblower, celui qui donne l'alerte. Mathieu Verboud est allé à la rencontre de justiciers modernes qui ont tout tenté pour prévenir leur hiérarchie des dysfonctionnements dont ils étaient témoins, avant de décider de passer à l'attaque. Avec plus ou moins de succès.
L'instinct, c'est de mentir
Sherron Watkins est la plus célèbre des whistleblowers. Ancienne vice-présidente d'Enron, c'est elle qui, en 2001, a dénoncé les colossales manipulations comptables dont s'était rendue coupable la direction du géant de l'énergie : "50 % des revenus avant impôts étaient bidons ! Chez Enron et Arthur Andersen, son cabinet d'audit, des centaines de personnes savaient. Personne n'a donné l'alerte..."
Ancien cadre chez Veolia (trente ans de maison dont quatorze au placard), Jean-Luc Touly dénonce les dérives du système de gestion de l'eau en France : "80 % du marché est contrôlé par le privé ; c'est un monde opaque. Les compagnies des eaux dictent leur loi aux collectivités locales et imposent des prix totalement injustifiés." Depuis son licenciement, il multiplie les réunions publiques et conseille les municipalités qui souhaitent réclamer aux compagnies des eaux le remboursement du "trop-perçu". Christopher Steele et Glenn Walp étaient respectivement responsable de la sécurité nucléaire et shérif du site de Los Alamos, au Nouveau-Mexique. Le premier a dénoncé les dangers que la décharge de la base faisait courir à la population ; le second a révélé que trois millions de dollars de matériel avaient été volés sans que personne proteste. Une intégrité pas vraiment récompensée par leur hiérarchie : Glenn Walp a été remercié et Christopher Steele s'attend à être licencié à tout moment.
Joseph Mangan, lui, a failli tout perdre. En 2002, cet Américain intègre une société autrichienne sous-traitante d'Airbus et devient responsable des tests de sécurité sur l'A380. Très vite, il se rend compte que le système de pressurisation de la cabine n'a jamais été testé. Il alerte sa hiérarchie, mais aussi EADS et l'Agence européenne de sécurité aérienne. En vain : "S'il y a une faute, si un tort est causé, l'instinct naturel de l'être humain est de cacher, de mentir..." Licencié, ruiné, réduit à la soupe populaire, Joseph Mangan a finalement vu ses efforts récompensés en 2006, EADS admettant enfin qu'il lui fallait tester son système de pressurisation.
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 19:47
http://fr.youtube.com/watch?v=OQWxIrSRDQQ&



Non ce n'est pas un trucage! Ce monticule de corail qui se transforme en pieuvre devant nos yeux est bien réel. Il s'agit de vraies images tournées par le chercheur américain Roger Hanlon qui tente depuis près de 30 ans de décrypter les secrets du camouflage des poulpes, pieuvres, seiches et autres calamars.

Ces invertébrés marins ont plusieurs couches de peau qui sont toutes câblées par un réseau nerveux très fin capable de réagir instantanément et sur des zones très précises pour modifier couleur et texture. Et certaines espèces ont jusqu'à 6 couleurs de cellules (rouge, jaune, marron, noir, bleu, vert) qui sont comme des tâches dont elles peuvent contrôler la taille pour travailler une nuance.

 

Reste à savoir comment l'animal arrive à analyser aussi vite un paysage sous-marin pour y "coller" parfaitement. C'est d'autant plus surprenant que ses yeux ne voient pas les couleurs! Voila un mystère énervant qui résiste encore aux minutieuses études des biologistes. A vous peut-être, future génération de scientifiques amoureux de la mer, de prendre le relais et de résoudre cette belle énigme. 

 © svjlesite.fr

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 14:54
the R&B singer Erykah Badu © Michael Nagle for The New York Times

erykah-Badu.jpg

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 14:00
Les américains n'ont plus le moral. Plus ils sont vieux plus ils se suiciddent. Sauf que là  les quatra-cinqua pêtent la barre. Ils sont aussi dépressifs que s'ils avaient plus de 85 ans. Vieux dans leur tête. A noter, que les trentenaires pêtent la barre aux plus de 65 ans. Yen a marre de la retraite, finissons-en ! Quant aux enfants de tous ces dépressifs, c'est pas mieux. Voilà ce que c'est d'habiter le pays le plus riche du monde.


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 13:38
Le Midlife suicide augmente.  © New York Times   par PATRICIA COHEN            Extraits traduits

Une augmentation exceptionnellement élevée des suicides chez les Américains d'âge moyen au cours des dernières années.

Les analyses du taux de mortalité publiées récemment par le gouvernement fédéral Centers for Disease Control and Prevention ont constaté que le taux de suicide chez les 45 à 54 ans a augmenté de près de 20 pour cent de 1999 à 2004. Il dépasse de loin celui de tous les autres groupes d'âge.

Pour les femmes de 45 à 54, le taux bondit de 31 pour cent. "C'est certainement une hause des tendances du passé», a déclaré Ann Haas, le directeur de la recherche de la Fondation américaine pour la prévention du suicide.

En revanche, le taux de suicide chez les 15 à 19 ans a augmenté de moins de 2 % au cours de cette période de cinq ans - et a diminué chez les personnes de 65 ans et plus.

La question est de savoir pourquoi. Que s'est-il passé depuis 1999 qui a fait que le taux de suicide soit brusquement monté  principalement pour ceux qui sont dans la quarantaine? 

Les experts affirment que  les taux de suicide chez les personnes jeunes et très âgées ont attiré la grande majorité des nouvelles ressources en matière de prévention. Par exemple, 82 millions de dollars a été consacrée à des programmes de prévention du suicide chez les jeunes en 2004. Le suicide d'âge moyen, par comparaison, est souvent considérée comme venant à la fin d'une longue descente en enfer, un problème d'alcooliques et de toxicomanes.

Il existe un «système national de soutien pour les personnes de moins de 19 ans, et ceux de 65 ans et plus», a ajouté le Dr Caine, mais pas pour les personnes entre les deux, même si "l'essentiel du poids du suicide est au milieu des années de la vie."

Sur les  32000 personnes qui se sont suicidés en 2004, 14607 avaient de 40 à 64 ans (6906 d'entre elles ont 45 à 54); 5198 avaient plus de 65 ans, 2434 avaient moins de 21 ans.

Ce qui complique toute analyse est la nature du suicide lui-même. Il ne peut pas être diagnostiquée par une simple radiographie ou analyse sanguine. Les statistiques officielles incluent la méthode de suicide - un fusil, par exemple, ou d'une surdose de drogue - mais ils ne disent pas si la victime était un toxicomane ou un premier temps toxicomane. 

Pour le moment, le principal suspect est la hausse vertigineuse des recours - et de l'abus - des médicaments d'ordonnance. Au cours de la même période de cinq ans , il ya eu une augmentation vertigineuse du nombre de surdoses de drogue, à la fois intentionnelles et accidentelles, comme celle qui a récemment tué les 28 ans l'acteur Heath Ledger.Les drogues illicites aussi peuvent accroître les comportements à risque.

Si l'on examine la curieuse augmentation de 28,8 pour cent le taux de suicide chez les femmes âgées de 50 à 54, Andrew C. Leon, professeur de biostatistique et psychiatrie à Cornell, a suggéré qu'une baisse de l'utilisation de la thérapie hormonale substitutive, mais le Dr Leon met en garde contre cette spéculation.

Malgré la forte hausse des suicides chez les femmes d'âge moyen, le nombre est encore relativement faible: 834 dans les 50 à 54 ans dans la catégorie 2004. Dans l'ensemble, quatre sur cinq personnes qui se suicident sont des hommes. (Pour les hommes de 45 à 54, la moyenne quinquennale augmentation était de 15,6 pour cent.)

Au cours des cinq dernières années, a déclaré le Dr Katz, l'agence a constaté que les taux de suicide les plus élevés ont été parmi les hommes d'âge moyen et des femmes. Et parmi les anciens combattants, les plus touchées ne sont pas de retour de l'Iraq ou l'Afghanistan, at-il dit, mais ceux qui ont servi au Vietnam ou juste après.

Cette observation semble correspondre à ce que M. Myrna Weissman publie dans The Journal of the American Medical Association. Une raison possible est la pressions croissantes de la vie moderne, comme le changement de forme des familles, qui éloigne des amis et des parents. Les réseaux de soutien social s'appauvrissent.

Plus récemment, des rapports d'une étude couvrant 80 pays, a révélé que dans le monde, les gens d'âge moyen ont été plus malheureux que ceux de toute autre catégorie d'âge, mais cette conclusion a été contestée par d'autres recherches, qui ont constaté que chez les Américains, l'âge moyen est de le plus beau moment de la vie.

 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 13:02

L’alcool ne fait pas oublier, bien au contraire...ou les rats comme les humains n'oublient pas.

Une étude menée par des chercheurs de l’université de Tokyo révèle que l’alcool n'aide pas noyer le chagrin, il ne fait que le prolonger. L’équipe dirigée par le professeur en pharmocologie Norio Matsuki explique que l’éthanol contenu dans l’alcool ne fait pas oublier, comme on le croit généralement, mais, au contraire, conserve les souvenirs.
 
Les chercheurs sont parvenus à cette découverte en testant des rats de laboratoire à qui ils ont infligé des décharges légères pendant plusieurs jours avant de les replacer dans leur cage. Les rongeurs sont devenus terrorisés à chaque fois qu’on ouvrait la cage. Les chercheurs ont alors injecté de l’alcool à certains rats et du sérum physiologique aux autres afin d’étudier les réactions des deux groupes. L’étude a démontré que la peur durait plus longtemps - en moyenne deux semaines - chez les rats recevant une dose d’alcool que chez les autres.
 
«Si nous appliquons ces résultats aux humains, cela veut dire que les mauvais souvenirs dont on veut se débarrasser vont durer plus longtemps si l’on absorbe de l’alcool, même si cela procure une certaine euphorie sur le moment,
avancent les scientifiques. Pour oublier quelque chose de négatif, il vaut mieux l’effacer par quelque chose de positif le plus vite possible et ne pas toucher à l’alcool.»
 
Les conclusions de l’étude ont été publiées dans la revue académique américaine Neuropsychopharmacology.

© Libération
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 12:58
S aime S  Article paru dans l'édition du 17.02.08 © Le Monde


N CONNAISSAIT le détecteur de mensonge. Voici le détecteur d'amour. En Corée du Sud, la société KTF propose un téléphone portable qui mesure le degré d'attachement et de franchise de votre interlocuteur. Lors d'une conversation, les modulations de sa voix sont analysées, et une « échelle d'amour » s'affiche sur l'écran. Puis vous recevez par SMS un rapport détaillé sur les sentiments que vous porte cette personne.

Finis donc les craques et les bobards. Finies les menteries du genre « Je suis au bureau, complètement débordé », quand on se dore sur une plage en galante compagnie. Finis les dissimulateurs et les imposteurs. Le téléphone, lui, ne ment pas.

 

Ce sera bientôt un outil indispensable pour nouer une relation solide avec quelqu'un. Surtout, n'engager aucun contact direct : toujours passer par le téléphone. C'est à distance, et sans fil, que se nouent les vrais liens. Le love detector proposera des forfaits de plus en plus intéressants, des communications illimitées. Sachant que l'élu de votre coeur pourra être désélu par un simple SMS.

Robert Solé


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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 16:34

Les aveux de Misha Defonseca     

Misha Defonseca, l'auteure contestée du livre « Survivre avec les loups », admet que l'histoire de son épopée à travers les forêts d'Europe qu'elle aurait parcourues en 1941 avec une meute de loups n'est qu'une œuvre de fiction, pas un récit autobiographique comme elle le prétendait depuis dix ans. 

« Oui, je m'appelle Monique De Wael, mais depuis que j'ai quatre ans, je veux l'oublier. Mes parents ont été arrêtés quand j'avais quatre ans. J'ai été recueillie par mon grand-père, Ernest De Wael, puis par mon oncle, Maurice De Wael. On m'appelait « la fille du traître « parce que mon père était soupçonné d'avoir parlé sous la torture à la Prison de Saint-Gilles. A part mon grand-père, j'ai détesté ceux qui m'avaient accueillie. Ils me traitaient mal. Je me sentais autre. C'est vrai que, depuis toujours, je me suis sentie juive et plus tard, dans ma vie, j'ai pu me réconcilier avec moi-même en étant accueillie par cette communauté.

Alors, c'est vrai que je me suis raconté, depuis toujours, une vie, une autre vie, une vie qui me coupait de ma famille, une vie loin des hommes que je détestais. C'est aussi pour cela que je me suis passionnée pour les loups, que je suis entrée dans leur univers. Et j'ai tout mélangé. Il est des moments où il m'est difficile de faire la différence entre ce qui a été la réalité et ce qu'a été mon univers intérieur.

Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre. Au début, je ne voulais pas la publier et puis je me suis laissée convaincre par Jane Daniel. On m'a fait croire, et je l'ai cru, et cela a été vrai, que cela apparaîtrait comme un message de vie. Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis, mais je les supplie de se mettre à la place d'une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre, qui plonge dans un abîme de solitude et de comprendre que je n'ai jamais rien voulu d'autre que de conjurer ma souffrance. »

  « Je me suis raconté une vie, une autre vie. Je demande pardon », déclare-t-elle au « Soir », mettant ainsi fin à une vive polémique.

Dans la journée de jeudi, « Le Soir » avait présenté à Mme Defonseca des preuves irréfutables, rassemblant notamment la biographie de résistant de son père et le témoignage confondant d'une de ses cousines retrouvées à Bruxelles. C'est à la lecture des informations que s'apprêtait à publier « Le Soir » que Mme Defonseca a admis ce qu'elle réfutait depuis tant d'années. Jeudi matin encore, lesoir.be publiait les affirmations de Misha Defonseca, s'affirmant juive et proclamant la réalité de son histoire.

Le livre « autobiographique » de Misha Defonseca a été adapté dans un film eponyme réalisé par Vera Belmont. Plus de 6 millions de spectateurs l'ont déjà vu. Il devrait être présenté la semaine prochaine en Allemagne.

MARC METDEPENNINGEN © lesoir.be 29 février 2008


«Survivre avec les loups» : la supercherie

«Le succès de mon livre était pour moi un cri d'espoir, de rejet de l'horreur, et il aidait, surtout les jeunes, à comprendre ce qu'avait été le cauchemar des années de guerre. Aujourd'hui, je me sens traquée de nouveau et c'est un sentiment effroyable», confie Misha Defonseca (ici, avec Mathilde Goffart, la jeune actrice du film tiré de son roman «Survivre avec les loups»). Crédits photo : SIPA


LE FIGARO. Comment vous appelez-vous vraiment ?

Misha DEFONSECA. Je m'appelle Monique Dewael, mais depuis que j'ai 4 ans je veux l'oublier. Mes parents ont été arrêtés quand j'avais 4 ans. J'ai été recueillie par mon grand-père, Ernest Dewael, puis par mon oncle, Maurice Dewael. On m'appelait «la fille du traître» parce que mon père était soupçonné d'avoir parlé sous la torture à la prison de Saint-Gilles. À part mon grand-père, j'ai détesté ceux qui m'avaient accueillie. Ils me traitaient mal. Je me sentais «autre». C'est vrai que, depuis toujours, je me suis sentie juive et plus tard, dans ma vie, j'ai pu me réconcilier avec moi-même en étant accueillie par cette communauté.

Alors, c'est vrai que je me suis raconté, depuis toujours, une vie, une autre vie, une vie qui me coupait de ma famille, une vie loin des hommes que je détestais. C'est aussi pour cela que je me suis passionnée pour les loups, que je suis entrée dans leur univers. Et j'ai tout mélangé. Il est des moments où il m'est difficile de faire la différence entre ce qui a été la réalité et ce qu'a été mon univers intérieur. Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis.

Comment réagissez-vous à la polémique qui enfle en France et qui remet en cause la véracité de Survivre avec les loups ?

Je suis profondément triste. Cette histoire, je l'ai gardée si longtemps en moi !... Un jour, dans une synagogue, où je me sentais si bien, on m'a demandé de parler de moi, de mon histoire, à l'occasion de Yom Hashoa h, jour du souvenir. De retour chez moi, mon mari m'a convaincue de le faire, me disant que ça me libérerait. Lorsque je suis montée à la bima (chaire, NDLR), j'ai pris soudain conscience que j'allais parler pour la première fois. J'ai fondu en larmes et puis, doucement, par bribes, je me suis mise à raconter. L'assistance et les miens qui me réchauffaient de leur présence pleuraient.

Mon histoire, je ne la livrais pas au grand public. Si j'ai commencé à parler dans plusieurs universités américaines, c'était à leur demande. C'est alors que j'ai été harcelée par une femme, Jane Daniel, qui se disait éditrice et qui voulait faire un livre sur ma vie. Pendant plus de deux ans, j'ai refusé, mais ma communauté et mes amis me disaient : «Grandis, Misha, fais-le pour les générations futures.» J'ai rassemblé mes souvenirs et le livre a été écrit. Je me suis partiellement reconnue dans cette histoire. C'était la mienne, même si sur certains événements, des dates notamment, j'ai dû accepter les suggestions de l'éditrice.

Le succès de mon livre était pour moi un cri d'espoir, de rejet de l'horreur, et il aidait, surtout les jeunes, à comprendre ce qu'avait été le cauchemar des années de guerre. Aujourd'hui, je me sens traquée de nouveau et c'est un sentiment effroyable.

N'avez-vous jamais été surprise que personne ne remette vraiment en cause l'authenticité de votre récit et ses invraisemblances ?

J'ai raconté tout ce qui me revenait et comme cela me revenait. Sans jamais pouvoir vérifier, car j'étais une enfant. De tout mon être, j'ai ressenti, jour après jour, que mon histoire est vraie. Mes nuits ont été peuplées de cauchemars, la réalité s'y mêlait. Mais aujourd'hui une telle haine…

Le fait que votre livre soit présenté comme une biographie et non une fiction a-t-il eu un impact, selon vous, sur son accueil ?

Je n'en sais rien, et puis pour moi ce n'était pas une fiction. Mon avocat m'a dit que c'était «ma» vérité. Il a raison, c'est ma vérité et vous savez, moi, je n'ai jamais voulu l'écrire, faire de l'argent avec tout cela. Je ne voulais rien publier. C'est mon éditrice américaine, Jane Daniel, qui a vu dans ma vie une mine d'or, et c'est elle seule qui en a profité.

© Valérie Sasportas 29/02/2008  

 

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 17:38
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