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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 15:59
Retour au calme à Firminy, l'autopsie confirme l'absence de violence
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 11.07.09 | 10h31  •  Mis à jour le 11.07.09 | 10h45

a famille de Mohamed Benmouna a demandé, samedi 11 juillet, aux organisateurs d'une marche à la mémoire de leur fils prévue dans l'après-midi de l'annuler, par crainte d'incidents. Cette marche d'environ cinq kilomètres était prévue à partir de 14 heures au départ de l'immeuble de Firminy où habitait la victime, vers le commissariat du Chambon-Feugerolles, théâtre du drame. Le calme est revenu dans la nuit de vendredi à samedi à Firminy, indiquent, samedi, les pompiers et de la police. D'importantes forces de police avaient été mobilisées, et seule une voiturea été retrouvée incendiée dans la commune proche de La Ricamarie.

La deuxième autopsie de Mohamed Benmouna a confirmé l'absence de violences. Le parquet a parallèlement ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire, ce qui permettra à un juge d'éclaircir les circonstances du drame. Les autorités défendent jusqu'à présent la thèse du suicide."J'ai ordonné cette nouvelle autopsie afin de lever toute ambiguté", a dit le procureur de la République."Les traces relevées sur le cou excluent l'hypothèse de l'intervention d'une tierce personne pendant la pendaison. Les résultats sont formels" a-t-il assuré.

"Il s'agit de voir s'il y a eu ou non un défaut de surveillance durant la garde à vue" a indiqué le procureur de la République, Jacques Pin. L'état des cellules est jugé non conforme et aurait permis, selon la version de la justice, que le jeune homme accroche les lanières au mur pour se pendre. "Des anomalies ont été relevées en ce qui concerne la cellule ; elle n'était pas aux normes. Il faut désormais creuser dans ce sens-là et savoir s'il y a une négligence de la part des policiers ce soir-là. Il existe un vrai doute", a-t-il poursuivi. Les caméras de surveillance de la cellule ne fonctionnaient pas. Il ne subsiste donc aucun enregistrement exploitable des faits.

Le magistrat a en outre expliqué cette décision par le désir de la famille de "récupérer rapidement le corps afin de le rapatrier en Algérie, où il doit être inhumé." Les proches de Mohamed Benmouna ne croient pas à la thèse officielle du suicide du jeune homme en garde à vue pour une tentative présumée d'extorsion de fonds et qui a finalement succombé à l'hôpital. Ses parents ont porté plainte contre X jeudi "pour faire la lumière sur cette affaire" et, depuis mardi soir, des jeunes de cette banlieue de Saint-Etienne se sont livrés à des violences.


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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 14:14
Point de vue
"Sarkozy je te vois" : le protagoniste de l'affaire raconte son happening citoyen
LE MONDE | 04.07.09 | 14h18  •  Mis à jour le 04.07.09 | 14h18

e suis cet homme qui cria par deux fois "Sarkozy je te vois !". Et, aujourd'hui, je suis très heureux du dénouement de cette affaire pour au moins deux raisons. D'une part, l'emballement médiatique a permis de ridiculiser la politique sécuritaire du président de la République. Nous savons tous maintenant que prononcer "Sarkozy je te vois !" peut nous amener devant les tribunaux. Après cet épisode, qui pourra encore contester que nos libertés individuelles ne soient sérieusement menacées par ce pouvoir ?

D'autre part, cette affaire a montré que le "storytelling", cet art de raconter des histoires, n'est pas l'apanage des communicants des grands groupes capitalistes ou des campagnes électorales victorieuses. Un simple quidam peut détourner le storytelling et raconter à son tour sa propre histoire. Dans son fameux livre consacré à ce sujet, l'essayiste Christian Salmon présente le storytelling comme une "machine à raconter" qui "remplace le raisonnement rationnel, bien plus efficace que toutes les imageries orwelliennes de la société totalitaire". L'affaire du "Sarkozy je te vois !" donne des raisons d'être plus optimistes, et montre que l'on peut utiliser le storytelling à des fins citoyennes.

Tout a commencé par un petit mensonge. Ce mercredi 28 février 2008, je reviens d'Avignon, à l'époque je suis journaliste au mensuel alternatif L'Age de faire. Après l'incident, interrogé au poste de police sur ma profession, je me présente comme étant allocataire du RMI. "Journaliste" est une profession beaucoup trop voyante. A 46 ans, un homme au RMI est forcément un pauvre gars, sans relations, fragile, impuissant, qui ne fera pas de vagues auprès de l'administration.

Plusieurs mois après, lorsque je suis à nouveau convoqué au commissariat de quartier pour être interrogé une seconde fois sur cet incident, je confirme être au RMI, même si, entre-temps, j'ai de nouveau rejoint l'éducation nationale. Dans l'éducation nationale, les syndicats sont puissants, les relais médiatiques nombreux, la procédure aurait pu alors ne pas se poursuivre. Je voulais rester un anonyme, dans toute la faiblesse de son état, sans passe-droit ni Rolex, et regarder la machine administrative tourner...

Lorsque, le 20 avril, un huissier de justice vient me remettre la citation à comparaître devant le tribunal pour tapage injurieux diurne, je suis confronté à un dilemme. Soit je comparais comme un individu lambda, perdu parmi les individus que la justice ordinaire juge chaque jour : je suis condamné ou relaxé, mais l'histoire s'arrête là, avant même d'avoir pu commencer. Soit je pose un acte citoyen et saisis cette occasion pour montrer les dérives de la politique sécuritaire du président de la République. Il s'agira de construire une histoire qui mette en scène la figure d'un quidam, d'un sans nom et sans visage qui interpelle en le tutoyant le signifiant maître "Sarkozy" dans une société crispée par le rictus sécuritaire. Mais comment construire cette narration ?

On le sait, dans toute histoire, le personnage central ne reste jamais seul. Il lui faut un personnage qui va l'aider à poursuivre son cheminement. Même si j'avais parcouru les salles de rédaction en exhibant ma convocation et le procès-verbal, l'histoire ne se serait pas écrite. Un anonyme n'a pas la crédibilité pour porter une telle histoire, même s'il a été journaliste.

Pour continuer à écrire cette histoire, il faut un avocat, un orateur brillant, suffisamment alerte pour être capable d'affronter le bruit médiatique sans être dupe sur les dérives de la société du spectacle. C'est un ami, journaliste au quotidien La Marseillaise qui me trouve la perle rare : Philippe Vouland, spécialiste des questions des droits de l'homme. L'avocat est une institution dont on écoute la parole, quand celle d'un anonyme est rarement entendue. Sans avocat, l'histoire ne serait pas écrite.

L'avocat choisi, cinq jours avant l'audience du tribunal, l'histoire pouvait être lancée sur la scène médiatique. Un simple coup de fil au bureau marseillais de l'AFP suivi d'un courriel indiquant les coordonnées de mon avocat suffiront à amorcer la machine.

Dès lors se pose la délicate question de l'anonymat. Raconter une histoire audible signifie qu'il faut éviter que la narration se fragmente en autant de récits qu'il y a de journalistes. En m'exposant sur un plan médiatique, l'histoire aurait pu tourner à la cacophonie. La question de la dérive sécuritaire dans notre société aurait pu laisser la place à celle plus anecdotique du personnage au centre de cette affaire : est-ce un gauchiste ? Est-ce un provocateur ? Est-ce un personnage en quête de gloire ? C'est donc l'avocat Philippe Vouland qui affrontera le bruit médiatique, en s'exposant devant les micros et les caméras. De mon côté, je refuse d'être photographié et d'être interviewé par la télévision : même floutée, l'image continue à dire quelque chose comme la présence honteuse de quelqu'un qui se cacherait...

L'un des ressorts du storytelling est de s'adresser à l'imaginaire collectif. Pour cela, je laisse échapper une petite précision en direction des journalistes sur ma profession, non celle qui était la mienne au moment de l'incident, mais celle que j'exerce au moment où l'affaire éclate : professeur de philosophie. Et c'est ainsi que résonnent, dans l'imaginaire collectif, les rapports énigmatiques entre le philosophe et les puissants avec des histoires déjà entendues où entrent en scène des personnages comme Diogène, Protagoras, Socrate...

A ce moment-là, il s'agit de permettre à cette histoire de continuer à s'écrire. Pour cela, il faut faciliter le travail des journalistes. Un témoignage factuel est envoyé au site d'information en ligne Rue89, celui-ci sera également distribué le jour de l'audience. Je donne une justification : il s'agit d'"un geste pédagogique, un trait d'humour destiné à détendre l'atmosphère". Le rire n'est ni de gauche ni de droite. L'humour doublé du geste pédagogique permet de toucher le public le plus vaste.

En réfléchissant à ce geste, je me demande aujourd'hui dans quelle mesure celui-ci n'est pas un geste artistique, un happening. Le storytelling citoyen serait-il la dernière invention que les citoyens anonymes pourraient s'approprier pour dénoncer ce que Voltaire appelait en son temps "l'infâme" ?


Professeur de philosophie, relaxé par le tribunal de police de Marseille le 3 juillet


Patrick Levieux
Article paru dans l'édition du 05.07.09



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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 16:19

 
  Cadran lunaire


  Invités

 
Patrice Brun. Professeur à l’université de Paris I

Autour du disque de Nébra (Saxe-Anhalt, Allemagne)
Pour écouter l'émission passionnante Le lien
RSS

La plus ancienne pièce astronomique connue reprèsente la lune le soleil et la constellation des Pléiades (comme chez les Hitittes)
correspond au mois de mars
1600 avant Jésus-Christ
entre le bronze ancien et moyen
2kg, 30 cm de long, bronze, or.

















Découverte d’un « disque » astrologique antique à Chevroches (Nièvre) : lire l'article
Char de Trundholm

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 20:49
OU L'ON APPREND GRÀCE AUX VOLEURS DE VÉLIBUS QUE L'OUVRIER HONGROIS EST PAYÉ 2 EUROS DE L'HEURE SOIT 352 EUROS LE MOIS

Analyse
Pourquoi les Vélib', fétiches des bobos, sont vandalisés, par Bertrand Le Gendre
LE MONDE | 12.06.09 | 14h16  •  Mis à jour le 12.06.09 | 14h16

'affiche a été dessinée par Cabu. On la voit partout en ce moment dans Paris. Un catcheur sur un ring démantibule un Vélib', sous l'oeil réprobateur du public. Slogan : "Casser un Vélib', c'est facile... Il ne peut pas se défendre." Pour la Mairie de Paris, qui a lancé cette campagne, la cote d'alerte est dépassée. Huit mille Vélib' ont été volés depuis leur mise en service en juillet 2007 (l'affiche parle d'engins "disparus"). Et 16 000 ont été vandalisés.

Le symbole d'une ville policée, écolo, est devenu une nouvelle source de délinquance. Le Vélib' devait civiliser les déplacements urbains. Il a accru les incivilités. Personne ne l'avait prévu. Ni la Ville de Paris, qui fait du Vélib' un titre de gloire. Ni Jean-Claude Decaux, qui assure l'exploitation des quelque 20 000 deux-roues en location circulant dans la capitale, moyennant la concession des panneaux publicitaires.

On sait seulement, grâce à la préfecture de police, que 1 349 personnes ont été arrêtées en 2008 sur un Vélib' volé. Les policiers les repèrent facilement. La patte de verrouillage des engins est tordue ou cassée.

Où sont passés ces 8 000 Vélib' volés ? Mystère. De temps à autre, on en découvre un sur un balcon parisien ou circulant dans une ville étrangère tel un souvenir de Paris. Une centaine d'entre eux auraient été jetés à l'eau, dans la Seine ou le canal Saint-Martin, croit savoir la Mairie de Paris. Les descentes de police permettent parfois d'en retrouver quelques-uns. Au cours de l'une d'elles, le 26 mai, dans la cité Curial-Cambrai (19e), les agents en ont découvert deux, au milieu d'une vingtaine de scooters, volés eux aussi.

Le Vélib' chasse-gardée des vole-petit, faute de mieux ? A l'automne dernier, trois mineurs se sont fait pincer place de la Bastille par une patrouille de police. Ils venaient de voler chacun un Vélib' mal attaché. L'un avait 17 ans. Vivant hors de sa famille, sous tutelle des services sociaux, il était, comme on dit, "défavorablement connu des services de police". Il vient d'écoper de deux mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir, en plus, arraché son iPhone à une passante.

Comme tous les emblèmes de la société de consommation, le Vélib' suscite les convoitises. Ce n'est pas un cadre et deux roues qui sont volés mais une icône urbaine, un attribut du bourgeois bohème, le "bobo", figure moquée mais enviée. Pour autant, la place du Vélib' dans l'imaginaire urbain n'explique pas tout. S'ils sont autant volés, c'est qu'ils sont plus vulnérables qu'une Mini Cooper bardée de systèmes anti-intrusion, voilà tout.

Annick Lepetit (PS), adjointe au maire de Paris, chargée des transports, refuse de faire de ces vols un symbole : "Il ne faut pas se focaliser sur le cas des Vélib', mais le replacer dans son contexte, la délinquance en général."

Ainsi les voleurs de Vélib' seraient des délinquants ordinaires. Au profil très éloigné de leurs utilisateurs habituels. Ceux-là sont privilégiés socialement : 69 % appartiennent à la catégorie CSP+. Pour les dégradations, c'est différent. Tout le monde a sa part de responsabilité. Vélib' tagués, freeride, sorties de soirées arrosées, paris stupides, "anars" anti-Decaux...

A priori, les Vélib' étaient conçus pour résister aux usages fantaisistes : câbles inaccessibles, freins encapsulés dans les moyeux des roues, pneus particulièrement résistants, selles réglables en hauteur mais inamovibles... Rien n'y a fait. Sur les 16 000 Vélib' victimes de vandalisme depuis deux ans, une moitié a dû être remplacée.

Leur conception a été revue. Les cadres ont été renforcés. Les panières résistent désormais à un poids de 10 kg. Le système d'alerte, qui prévient l'usager que son Vélib' n'est pas convenablement arrimé à une borne, a été amélioré. C'était un point essentiel. Un Vélib' mal fixé, c'est un Vélib' en liberté. Une proie tentante.

JC Decaux a fini par comprendre pourquoi sa flotte de deux-roues se dégrade plus vite à Paris qu'à Marseille ou à Lyon. Dans la capitale, les usagers occasionnels - provinciaux, touristes étrangers... - sont plus nombreux qu'ailleurs. Moins rodés à l'utilisation des Vélib', ils les maltraitent davantage ou omettent de les remettre correctement en place.

Les vols, les incivilités et les étourderies ont alourdi la facture. Dépitée, la société JC Decaux est avare de détails sur ce vandalisme, qu'elle n'avait pas anticipé. Mais elle a quand même obtenu de la Mairie de Paris un avenant à l'accord qui les lie. Au- delà de 4 % de perte annuelle, la Ville s'engage à prendre en charge, à hauteur de 400 euros l'unité, le remplacement des Vélib' volés ou détruits. Selon Annick Lepetit, il pourrait en coûter 1,6 million d'euros par an aux contribuables parisiens.

Le remplacement accéléré du parc fait l'affaire des ouvriers de l'usine de Toszeg, en Hongrie, au sud-est de Budapest, où JC Decaux fait fabriquer les Vélib'. Mais leur satisfaction est relative. Comme l'a rapporté le magazine Challenges, ces ouvriers sont payés à peine 2 euros de l'heure, soit 352 euros par mois, nettement moins que le salaire moyen du pays (743 euros). La casse des Vélib' serait plus onéreuse encore si ces ouvriers étaient normalement rémunérés.


Courriel : legendre@lemonde.fr.

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 16:22


Daniel TAMMET

"Embrasse le ciel immense"
(Arènes)

FRANCE 2 CAFÉ LITTÉRAIRE

une très belle théorie sur l'instinct de la langue



Daniel TAMMET WEBSITE
















 
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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 16:02
AU LIEU DE NOUS FAIRE CHIER AVEC LEUR GRIPPE, ON FERAIT MIEUX DE S'OCCUPER DE CETTE NOUVELLE "PESTE"

Le nombre de malades atteints par la maladie d'Alzheimer dans le monde pourrait passer de 24 millions actuellement à 42 millions en 2020 et 81 millions en 2040.
860 000 personnes concernées en France en 2007


Alzheimer, maladie infectieuse ?
LE MONDE | 12.06.09 | 14h56  •  Mis à jour le 12.06.09 | 14h56

a maladie d'Alzheimer pourrait-elle se transmettre comme une pathologie infectieuse ? C'est la nouvelle hypothèse que soulèvent des travaux expérimentaux chez la souris menés par une équipe européenne et publiés, dimanche 7 juin, sur le site de la revue Nature Cell Biology. L'injection de tissu cérébral contenant la forme anormale d'une protéine humaine, typique de la maladie d'Alzheimer, dans le cerveau de souris saines entraîne la prolifération de lésions caractéristiques. Un phénomène qui rappelle le cas du prion pathologique, responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Principale cause de démence chez les sujets âgés, la maladie d'Alzheimer résulte d'une dégénérescence des neurones cérébraux, qui provoque la perte progressive et définitive des fonctions mentales, à commencer par la mémoire. Le cerveau atteint est caractérisé par la présence de deux types de lésions. L'une est le développement, entre les neurones, de plaques constituées de peptides bêta-amyloïdes ; l'autre est la formation, à l'intérieur des neurones, d'un écheveau de filaments entremêlés résultant de l'agrégation de protéines dites "tau".

"Dans la maladie d'Alzheimer, il y a la composante "poison", la substance amyloïde, et la mort neuronale, liée aux protéines tau anormales, explique Luc Buée, directeur de recherches au CNRS et directeur de l'unité Inserm U837 au CHRU de Lille. En s'accumulant dans les neurones, la protéine tau anormale entraîne la mort de ces cellules nerveuses, mais pas immédiatement. Pendant des années, elles fonctionnent plus ou moins bien."

Dans la maladie d'Alzheimer, "l'accumulation de protéines tau pathologiques commence autour d'une zone essentielle à la mémoire à court terme (moins d'une semaine), l'hippocampe. Puis, contrairement au simple vieillissement où le phénomène reste localisé, les protéines pathologiques se propagent, envahissent le lobe temporal du cerveau où s'intègrent les diverses informations qui aboutissent à un message compréhensible, puis les autres lobes et le reste du cortex cérébral. C'est toujours le même cheminement", décrit Luc Buée.

L'équipe européenne dirigée par Markus Tolnay (université de Bâle, Suisse) est partie du constat que lorsqu'un neurone atteint meurt, la protéine tau pathologique passe dans l'espace extracellulaire et les neurones voisins captent la protéine pathologique. "Cette protéine porte une signature particulière qui transmet la conformation anormale aux protéines tau normales. Cette réaction en chaîne propagerait ainsi la pathologie", indique Luc Buée.

Afin de tester cette hypothèse, Markus Tolnay et ses collègues ont utilisé deux types de souris transgéniques, ayant la capacité d'exprimer la protéine tau humaine. Mais, pour l'une, il s'agit d'une forme anormale, plus courte, alors qu'elle est normale dans le cas de la seconde. Les souris exprimant la forme anormale développent une neurodégénérescence et des filaments de protéine tau hyperphosphorylée, tandis que celles chez lesquelles la protéine tau est normale ne présentent pas ces anomalies.

L'injection de tissu cérébral contenant la protéine anormale dans le cerveau des souris exprimant la protéine normale entraîne la formation locale de filaments, typiques de la maladie d'Alzheimer, et la dissémination de cette anomalie dans les régions avoisinantes du cerveau. C'est ainsi qu'avait pu être démontrée la responsabilité d'une forme pathologique du prion dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob, chez l'homme, ou dans la maladie de la vache folle, l'encéphalopathie bovine spongiforme. La révélation qu'une particule protéique, dépourvue de matériel génétique, pouvait constituer un agent infectieux avait bousculé le dogme qui limitait aux bactéries, aux virus et aux parasites la possibilité de remplir ce rôle.

Pour Luc Buée, cette "hypothèse séduisante" pourrait aussi signifier que "la composante liée à la protéine tau occupe une part plus importante qu'on le croyait dans la maladie d'Alzheimer et que la protéine tau anormale a des effets plus graves lorsqu'elle sort du neurone. Cela implique aussi que le suivi de la protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien (dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière) pourrait aider au diagnostic de la maladie. Les espèces toxiques de la protéine pourraient également constituer des cibles thérapeutiques pour une immunothérapie", estime le spécialiste lillois.

L'équipe dirigée par M. Tolnay ouvre une piste nouvelle pour élucider l'origine de la maladie d'Alzheimer. Différentes hypothèses ont été formulées. Elles impliquent des facteurs environnementaux, incluant une exposition à des métaux lourds comme le mercure, et des facteurs génétiques de prédisposition : plusieurs gènes ont été identifiés mais il s'agit de formes familiales rares de la maladie.


Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 13.06.09
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 13:38

CRASH DE L'AF 447. Air France a décidé hier de changer les sondes de ses longs courriers, soupçonnées d'avoir une responsabilité dans l'accident

Soupçon sur les sondes

Il n'aura fallu que quelques jours aux pilotes de ligne d'Air France pour faire valoir le principe de précaution. À partir de mardi prochain, tous les Airbus A330 et A340 de la compagnie seront dotés de nouvelles sondes Pitot. Au minimum, deux des trois capteurs équipant chaque long courrier seront modifiés. Placés à l'avant de l'avion, ces appareils mesurent la vitesse du vol. L'enquête n'en est qu'à ses tout débuts, mais une panne de ces dispositifs fabriqués par le groupe Thalès est d'ores et déjà soupçonnée d'avoir contribué au crash de l'AF 447.

Déjà des incidents

Dans les minutes précédant l'accident, l'A330 en perdition a envoyé une série de messages automatiques aux ordinateurs d'Air France à Paris. Parmi ces alertes, figuraient des mesures de vitesse « incohérentes », imputables vraisemblablement à la présence de glace ou d'eau à l'intérieur des sondes. Ce n'était pas la première fois que l'équipe d'un Airbus était confrontée à de telles anomalies. De multiples dysfonctionnements sans conséquence fâcheuse ont été observés depuis une décennie. En 2001, la direction de l'aviation civile française avait d'ailleurs imposé le recours à une nouvelle génération de sondes.

Leur fiabilité laissant malgré tout à désirer, dès 2007 Airbus conseillait aux compagnies aériennes d'installer de nouveaux capteurs. Il s'agissait d'une recommandation et non d'une obligation, le constructeur estimant que la sécurité n'était pas en jeu. Air France avait lancé un programme de remplacement sur plusieurs années. Il avait été accéléré au printemps 2008 après la survenance de nouveaux incidents.

« Les avions qui ont rencontré des problèmes et des phénomènes d'indication de vitesses erronées étaient équipés du même type de sondes que celles installées sur le vol AF 447 », affirmait hier Éric Derivry, porte-parole du principal syndicat de pilotes d'Air France, lors d'une conférence de presse. Parmi les commandants de bord, la thèse d'un enchaînement fatal généré par la défaillance des capteurs est le plus souvent jugée « crédible ».

Décrochage

Automatiquement chauffées, les sondes sont conçues pour ne pas être obstruées par la glace ou le givre lorsque l'appareil traverse de fortes turbulences ou des chaos orageux à haute altitude. Si ce scénario s'est produit pour l'A330 d'Air France, cela signifie que la mesure de la vitesse qui s'est affichée dans le cockpit à la suite de ce dérèglement était supérieure à ce qu'elle était réellement.

Induit en erreur, l'équipage a peut-être réduit l'allure. Au risque de faire décrocher l'appareil et de le plonger dans des formations nuageuses traversées par des courants violents.

L'A330 est-il devenu incontrôlable ? La dernière fois qu'il est apparu sur les radars brésiliens, 26 minutes avant sa disparition, il naviguait à une altitude beaucoup plus basse que celle prévue par le plan de vol.

Des indications de vitesse fausses se répercutent sur les autres paramètres de navigation et les systèmes informatiques sans lesquels l'équipage devient rapidement aveugle. Nombre de dispositifs sont susceptibles de se déconnecter, le pilote automatique peut aussi se désactiver. Et aux dires de certains commandants de bord, la procédure à suivre pour reprendre manuellement les commandes de l'A330 serait malaisée à mettre en oeuvre.

Pour l'heure, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé des investigations techniques, se garde de la moindre hypothèse. Mais si le scénario du décrochage devait se confirmer dans les mois à venir, on imaginerait sans mal les moments épouvantables vécus par les passagers pendant quelques minutes dans un appareil en proie au vertige inexorable de la chute.

Auteur : DOMINIQUE RICHARD
 

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 14:58


Acteur américain
David Carradine a été retrouvé mort
LE MONDE | 06.06.09 | 15h10  •  Mis à jour le 06.06.09 | 15h10

evenu planétairement célèbre en 1972 grâce à la série télévisée "Kung Fu", tiré, trente ans plus tard, de l'obscurité par Quentin Tarantino, l'acteur américain David Carradine est mort le 3 juin à Bangkok. Son corps nu a été retrouvé dans le placard de sa chambre d'hôtel. Il avait 72 ans. La police thaïlandaise, citée par l'AFP, a expliqué qu'"une corde était attachée autour de son cou et une autre à son organe sexuel", et privilégie la thèse de l'accident plutôt que celle du suicide.

L'acteur était depuis trois semaines à Bangkok, où il interprétait un rôle important dans le long métrage français Stretch, réalisé par Charles de Meaux et produit par MK2, un film noir situé dans le milieu des courses hippiques à Macao. Il restait trois jours de tournage à David Carradine.

En 2003, l'acteur s'était enfin débarrassé du sobriquet de "Petit Scarabée" qui le suivait depuis "Kung Fu" pour devenir Bill, le tueur au coeur froid que pourchasse Uma Thurman dans le diptyque de Quentin Tarantino, Kill Bill. Entre ces deux sommets, David Carradine avait tourné dans des dizaines de films, dont seuls deux ou trois sont restés dans les mémoires.

John Arthur Carradine est né le 8 décembre 1936 à Hollywood, où son père, John, exerçait la profession d'acteur, entre autres sous la direction de John Ford. Pour éviter une homonymie complète, le jeune homme adopte le prénom de David lorsqu'il choisit de suivre les traces de son père, après des études de musique.

David Carradine débute sur le petit écran au début des années 1960, dans la série "Shane", tirée du roman qui avait déjà inspiré le film de George Stevens. C'est un jeune Californien de son temps et il acquiert vite une réputation d'indocilité qui ne facilite pas l'avancement de sa carrière. En 1972, il décroche son premier grand rôle au cinéma. Martin Scorsese en fait le héros christique de Boxcar Bertha, Big Bill Shelly, un dirigeant anarchiste qui finit en martyr. David Carradine a pour partenaire à l'écran et dans la vie Barbara Hershey, dont il a un fils, baptisé Free. Il retrouvera Scorsese l'année suivante pour une apparition - brève mais marquante - dans Mean Streets.

Au même moment, il accepte le rôle de Kwai Chang Caine dans la série "Kung Fu". Le feuilleton surfe sur la vogue naissante des films d'arts martiaux et contribue à l'amplifier. David Carradine interprète un métis américano-chinois, formé au kung-fu dans un monastère bouddhiste de Shaolin où son maître Po le surnomme "Petit Scarabée" (Grasshopper, "sauterelle", en version originale). Fuyant la Chine, Kwai Chang Caine se réfugie dans l'Ouest américain de la ruée vers l'or. Crâne rasé, respectueux de toute forme de vie, enclin à proférer des maximes mystiques, il est un héros idéal pour l'Amérique de l'après-Woodstock, et le succès de "Kung Fu" est immédiat.

Dans les années 1990, la série avait été ressuscitée dans un environnement contemporain, et David Carradine qui, de son propre aveu, ne connaissait rien à la philosophie orientale lorsqu'il avait accepté le rôle a réalisé plusieurs vidéos pédagogiques à ce sujet.

PHYSIQUE IMPASSIBLE

La célébrité que lui a conférée la série permet à l'acteur d'obtenir ses deux plus grands rôles. Il incarne le chanteur Woody Guthrie, le père spirituel de Bob Dylan, dans En route pour la gloire, de Hal Ashby, en 1976. L'année suivante, il joue sous la direction d'Ingmar Bergman et aux côtés de Liv Ullman dans L'Œuf du serpent. Le film, situé à Berlin pendant la montée du nazisme, est l'un des plus controversés de son réalisateur.

Il joue également dans Le Gang des frères James, de Walter Hill, qui réunit trois fratries de cinéma, les Keach, Stacy et James, qui jouent les frères James, les Quaid, Randy et Dennis (les frères Miller) et les Carradine, Keith, Robert et David, qui incarnent les Younger. Il réalise également quelques films, dont Americana (1983), l'histoire d'un ancien combattant du Vietnam, qui attire l'attention des critiques, mais pas du public.

Ensuite, David Carradine disparaît du haut des affiches et aligne des dizaines de rôles dans des séries B ou des séries télévisées. En 2002, un cinéaste pour qui les feuilletons ont autant compté que les longs métrages lui confie le rôle-titre de son nouveau film, Kill Bill. Quentin Tarantino a expliqué que Kwai Caine était pour lui la définition même du "cool". Bill "le charmeur de serpent" est l'antithèse du moinillon de Shaolin. Un individu sans scrupules auquel Carradine prête son physique impassible.

Après Kill Bill, Carradine a repris le rythme frénétique des tournages (une cinquantaine depuis 2003, selon le site Imdb.com). Au moment de la sortie de Kill Bill 2, il déclarait au Baltimore Sun, "je n'ai jamais été satisfait de quoi que ce soit de toute ma vie. Je suis retraité et le fait est que j'essaie de me faire un nom".

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 17:16
Société 20/05/2009 à 06h51
Contre Sarkozy, toute critique est interdite

Par MICHEL HENRY Marseille, de notre correspondant


Le 27 février 2008, P.L., 47 ans, a «perturbé» un contrôle d’identité gare Saint-Charles, à Marseille, parce qu’il a «vociféré» à l’encontre des policiers, en les désignant du doigt : «Sarkozy, je te vois, Sarkozy, je te vois.» Une amende de 100 euros a été requise hier à son encontre devant le tribunal de police de Marseille, pour «tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d’autrui». Le tribunal, présidé par un juge de proximité, rendra son jugement le 3 juillet.

P.L. n’est pas poursuivi parce qu’il a prononcé le nom du président de la République. Mais en vertu d’une jurisprudence remontant à 1875, selon laquelle la simple «manifestation bruyante» et la volonté de «se montrer désagréable», même «sans user de terme offensant», suffisent à caractériser l’aspect injurieux. Voilà ce qu’a expliqué à l’audience l’officier du ministère public.

«Ridicule». Selon elle, P.L. «n’est pas un humoriste ou un philosophe», même s’il lui arrive de donner des cours de philosophie, mais bien un «perturbateur indésirable», comme l’ont désigné les policiers qu’il a importunés, alors qu’ils n’étaient «que deux» à effectuer un contrôle d’identité sur «deux jeunes». Selon les policiers, l’infraction aurait duré cinq minutes. L’officier du ministère public a donc répété avant l’audience la phrase «Sarkozy, je te vois» en se chronométrant. Conclusion : le présumé contrevenant l’a peut-être «scandée… soixante fois». En fait, elle n’en sait rien. P.L., qui ne s’est pas présenté à la barre hier, s’en tient, dans un témoignage écrit, à deux fois. «J’adopte une posture théâtrale et je lance, en pointant l’index vers les policiers, "Sarkozy, je te vois, Sarkozy, je te vois", raconte-t-il. Aussitôt, un immense éclat de rire s’empare des spectateurs. Je porte un costume, une cravate et une serviette en cuir. J’ai sans doute l’air ridicule, mais qu’importe, les rires ont fait redescendre la tension.»

«Décibels». P.L. soutient avoir voulu «apporter un peu de douceur» devant cet «énième contrôle d’identité». Mais pour son avocat, «les policiers ont sans doute été vexés des rires provoqués». Me Philippe Vouland, qui plaide la nullité de la citation, assure que, dans cette histoire, «M. Sarkozy est innocent». «J’imagine la tête du président de la République quand, en pianotant sur Lefigaro.fr, il a vu arriver cette affaire», ajoute Me Vouland. Qui prévient : en cas de condamnation, tout le monde en tirera la conclusion erronée qu’on ne peut plus évoquer la personne de Nicolas Sarkozy sans être poursuivi. Aussi, «vous allez aider le président de la République et relaxer mon client», suggère l’avocat. Car «le caractère injurieux n’existe pas, ou alors vous allez mettre Anne Roumanoff et Stéphane Guillon en prison».

Me Vouland suggère aussi un transport sur les lieux avec un collège d’experts, afin de mesurer «l’impact des phrases de P.L. en termes de décibels», dans une gare ultra-bruyante à une heure de pointe (il était 17 h 50). Il propose également de désigner un neurologue pour savoir «si le système nerveux des autres voyageurs» a pu être affecté. «Si vous condamnez, ça ne peut qu’aggraver l’incompréhension entre la police et la population», conclut l’avocat.

«Gêne». Il regrette que l’accusation en fasse «une affaire de principe», alors que l’on ne reproche à P.L. ni outrage, ni entrave à l’action de la justice. Selon P.L., les policiers qui l’ont conduit au poste étaient d’ailleurs «très gentils»: «A ce moment-là, les choses prennent une tournure délicieusement administrative. Les deux agents procèdent aux vérifications d’usage […]. Je réponds tout aussi machinalement aux questions qui me sont posées. C’était respectueux, chacun dans son rôle.» Il croyait s’en arrêter là. «Je leur ai présenté mes excuses pour la gêne technique occasionnée. Puis je suis sorti et j’ai oublié cette histoire.» Mais l’officier du ministère public a choisi de le poursuivre. Avant de déplorer hier à l’audience que « ce dossier prend une ampleur démesurée», avec un «impact médiatique» qu’elle juge regrettable.

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 16:50

« Hou la menteuse », et en plus elle est teigneuse

Une mère de famille sera entendue par la police judiciaire pour avoir laissé un commentaire sur une vidéo de Nadine Morano

par Astrid Girardeau

vendredi 5 juin 2009


Nadine Morano à la Matinale, d’i-Télé, le 12 octobre 2007 - DR
En écrivant « Hou la menteuse » en commentaire d’une vidéo sur Dailymotion, Dominique Broueilh ne pensait certainement pas recevoir un courrier de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Pourtant, jeudi prochain, cette mère de famille de 49 ans, de Saint-Paul-lès-Dax, sera entendue par un officier de la police judiciaire, rapporte aujourd’hui Sud-Ouest. La plaignante ? Nadine Morano.

En février dernier, la secrétaire d’État à la Famille déposait une plainte contre X auprès du Tribunal de grande instance de Paris pour « injures publiques envers un membre du ministère ». Parallèlement, elle envoyait une réquisition judiciaire contre YouTube et Dailymotion afin d’identifier les auteurs de propos jugés insultants postés en commentaires de vidéos où elle figure. La BRDP demandait alors aux deux plate-formes de vidéos en ligne de « fournir en urgence la date, l’heure et les adresses IP utilisées et tout élément d’identification, pour la mise en ligne des commentaires ci-joints des internautes dont les pseudonymes suivent ». Qualifiant la procédure de première « historique », Dailymotion précisait alors : « On est obligé de donner les adresses IP mais pas les noms de personnes ».

Pourtant, Dominique Broueilh a bien été identifiée pour avoir écrit « Hou la menteuse » en commentaire d’une interview particulièrement musclée où Aymeric Caron recevait dans La Matinale d’i>Télé, le 12 octobre 2007, la députée UMP de Meurthe-et-Moselle (voir ci-dessous). Le journaliste revient sur un reportage d’Envoyé Spécial où l’on voyait Nadine Morano assister, sous une capuche bien camouflante, à un meeting de Ségolène Royal. « Attendez, ce reportage, je l’ai fait moi-même ! », s’énerve la députée, « J’y étais. C’est moi qui suis filmée. Alors ne racontez pas n’importe quoi ! » Avant d’expliquer : « vous dites que j’arrive cachée, ce qui est faux, j’arrive parce qu’il pleut ! »
  Nadine Morano à la Matinale, d’i-Télé, le 12 octobre 2007

Sur Internet, « l’une des grandes gueules de l’équipe du candidat UMP [Nicolas Sarkozy] » comme la présente Aymeric Caron, ne laisse en effet pas indifférent. Et ses sorties fracassantes, notamment vis-à-vis d’Internet — on se souvient de son désir de « Police internationale de la Toile » — récoltent des commentaires parfois virulents, à côté desquels « Hou la menteuse » qui, s’il peut juridiquement être considéré comme une insulte, fait figure de taquinerie de cour d’école. C’est d’ailleurs l’avis de la concernée. « Pour moi, "Hou la menteuse", c’est avant tout une chanson de Dorothée. Je voulais faire de l’ironie », raconte-elle à Sud-Ouest. Aussi, quand elle a reçu l’appel de la police, Dominique Broueilh a d’abord pensé à une blague : « Au début je n’y ai pas cru (...). Je me suis dit que ce n’était pas possible. Je ne l’ai pas insultée ». Pour la mère de famille, cette procédure est de l’« abus de pouvoir » : « Si j’ai fait ce commentaire, c’est parce qu’on le voit bien qu’elle s’est cachée au meeting de Ségolène Royal : c’est criant de vérité. »

Selon le quotidien, une quinzaine d’internautes seraient visés par la même procédure. En attendant, depuis hier, les « Hou, la menteuse » pleuvent en commentaires de la dite vidéo. Auxquels s’ajoutent des : « Et susceptible en plus ! », « Voilà, j’attend que la PJ me convoque maintenant, c’est ça ? », « Comme on dit, il y a que la vérité qui blesse », etc.

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