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Mardi 22 avril 2008
Chaque 19 avril depuis 1945, à midi, Marek Edelman arpente à pied les mêmes rues de Varsovie en direction de l'ancien ghetto juif.
AP/ALIK KEPLICZ

Chaque 19 avril depuis 1945, à midi, Marek Edelman arpente à pied les mêmes rues de Varsovie en direction de l'ancien ghetto juif.


Marek Edelman, le révolté du ghetto
LE MONDE | 19.04.08 | 14h56  •  Mis à jour le 22.04.08 | 08h46
Varsovie, envoyée spéciale

es commémorations, Marek Edelman se les mijote à sa manière, en privé, loin du ramdam officiel. Chaque 19 avril depuis 1945, à midi, il arpente à pied les mêmes rues de Varsovie en direction de l'ancien ghetto juif. Chaque année, d'un pas de plus en plus fragile, il se recueille quelques minutes, en silence, devant les monuments à la mémoire des combattants du ghetto. Toujours le même circuit, en trois quarts d'heure. Son fils l'accompagne parfois. Ou sa fille, ou des amis. Au fil des années, le rituel a pris de l'importance, la foule des accompagnateurs a grossi. Une fois, le pape Jean Paul II s'est montré à ses côtés. Une autre, le vice-président américain Al Gore. Toujours au son des chants yiddish et de l'hymne du Bund, ce mouvement socialiste juif né à la fin du XIXe siècle.

Marek Edelman a horreur des commémorations officielles. Un principe. Il vient d'envoyer promener le président polonais, et il n'est pas du genre à y mettre les formes. Lech Kaczynsky lui demandait d'assister, mardi 15 avril, à ses côtés et en présence du président israélien, Shimon Pérès, aux cérémonies du 65e anniversaire de l'insurrection du ghetto de Varsovie. Les deux présidents ont dû se passer de lui. Une fois de plus, l'événement a été célébré sans son héros : Marek Edelman, dernier chef vivant des combattants du ghetto.

Il a tout juste daigné recevoir des mains de Bernard Kouchner, le même jour et dans la même ville, les insignes de commandeur de la Légion d'honneur. Le ministre français des affaires étrangères a rendu un long hommage à ce vieil homme au caractère de cochon et aux héroïsmes multiples : à ce grand combattant, grand médecin, dissident de la Pologne communiste, engagé pour l'intervention occidentale en Bosnie et au Kosovo.

Marek Edelman tire sur sa Gauloise, avale un verre de whisky, ronchonne, rigole un coup, reprend son air revêche, les cheveux en désordre. "Foutez-moi la paix, femme !", lance-t-il régulièrement à la journaliste du Monde, entre deux paroles de sphinx. Encore une Gauloise, encore un whisky, et encore... Il a raconté son incroyable épopée dans des films, dans des livres, assez pour ne plus y revenir. "Nous avions décidé de mourir les armes à la main. C'est tout. C'est plus facile que de donner ses habits à un Allemand et de marcher, nu, vers la chambre à gaz."

Quel âge a le dernier commandant en vie de la révolte du ghetto ? Lui-même ne le sait pas. Ses parents meurent quand il est enfant. La guerre fait disparaître les papiers officiels. Par commodité, on le dit né le 1er janvier 1919, mais les livres indiquent parfois 1920 ou 1922. Au plus, il devrait avoir 89 ans. Le lieu de naissance est plus sûr : Gomel, en Biélorussie. Il est élevé à Varsovie par des amis de ses parents. Mauvais élève, "juif non religieux dans un paysage antijuif". Très politisé et adepte des bagarres de rue contre les groupes fascistes.

Orphelin, Marek Edelman n'a qu'une famille : le Bund, dont ses parents étaient des militants. "Ma mère a juste eu le temps de me transmettre comment le monde devrait être." Le mouvement prône la lutte des classes, l'émancipation des ouvriers juifs, l'autonomie culturelle juive. Antisionistes, les Bundistes jugent irréaliste la création d'un Etat juif en Palestine, et dangereuse sa déviance nationaliste. Certains reconnaîtront Israël ou finiront par y émigrer. Marek, lui, s'y oppose toute sa vie. "Même fini, le Bund est resté sa vie et sa ligne de vie, raconte son fils, Aleksander Edelman. C'était celle de ses parents comme de ceux qui l'ont élevé. C'était aussi celle de ma mère, c'était la nôtre."

Le 12 octobre 1940, les quelque 380 000 juifs de Varsovie, leur étoile de David en brassard sur la manche droite, sont sommés de s'entasser dans le ghetto. Un an plus tôt, dans l'affolement des bombardements, la famille adoptive de Marek a fui vers l'Union soviétique. Le jeune homme est seul. Il a environ 21 ans. Garçon de courses à l'hôpital, il traîne sur la place Umschlagplatz, d'où partent les trains de déportés. Ils seront 400 000 à embarquer pour Treblinka, sans retour. Il aide ceux qu'il peut à fuir les wagons de la mort. On peut mourir autrement, leur dit-il : "Les armes à la main." Il dit aussi : "Nous nous battrons pour que, de l'autre côté du mur, on entende que nous sommes vivants."

La résistance prend forme. L'Organisation juive de combat est créée. Le temps n'est plus aux clivages politiques : le commandant, Mordechaï Anielewicz, est un sioniste de gauche de la Jeune garde. Le commandant en second est un bundiste : Marek Edelman. Ils sont 220, avec quelques dizaines de pistolets en mauvais état, des cocktails Molotov, des grenades, des fusils, une mitraillette. Mais le 19 avril 1943, quand 2 000 à 3 000 Waffen SS pénètrent dans le ghetto, ils rencontrent une armée de diables. Il leur faudra trois semaines et des renforts pour en venir à bout, en mettant le feu au ghetto. Environ 40 combattants échappent à la mort. Marek est parmi eux. Il se souvient de leur sortie par une bouche d'égout, sales et hagards au milieu des passants, à l'aube.

Les juifs polonais, qui étaient 3,3 millions en 1939, ne sont plus que 300 000 en 1945. Les combattants survivants du ghetto émigrent, au Canada, en Israël, ailleurs. Marek, lui, reste en Pologne. Au pays des pogroms et de l'antisémitisme persistant. Pourquoi ? Par fidélité aux juifs disparus ? En mémoire de leur héritage, juif et bundiste ? "Parce que les juifs sont tous partis et qu'il faut bien que je reste. Parce que ce monde-là est fini. Les juifs, c'est fini. S'il doit en rester un seul, ce sera moi."

La femme qu'il rencontre au sortir de la guerre, Alina Margolis, élevée dans la tradition bundiste, est sur la même ligne. Ils restent en Pologne, malgré les pogroms de 1946, malgré l'ouverture des frontières en octobre 1956. Seul le violent regain d'antisémitisme qui secoue le pays à la fin des années 1960 fait vaciller leurs principes.

Marek est un cardiologue réputé à l'hôpital Sterling de Lodz, à l'origine de la première transplantation cardiaque en Pologne. Sa femme, pédiatre, travaille sur le traitement des enfants diabétiques. En 1968, après la révolte étudiante, le Parti communiste polonais au pouvoir orchestre une campagne antisémite. De nombreux juifs perdent leur emploi. Marek est renvoyé de l'hôpital. Alina a des ennuis dans le sien. Les enfants subissent des brimades. "Pour les cadres communistes d'alors, analyse Jean-Charles Szurek, chercheur au CNRS, Marek Edelman était une proie parfaite : juif, combattant du ghetto et fort en gueule."

La famille est déchirée. Alina veut protéger ses enfants, Aleksander (né en 1953) et Ania (1958). Marek ne veut pas quitter la Pologne. Un matin, ils retrouvent les murs de la maison couverts d'inscriptions antisémites. Ania revient de l'école en demandant à ne plus s'appeler Edelman. "C'étaient des discussions sans fin", se rappelle Aleksander. En 1971, Alina part s'installer en France avec les deux enfants. Têtu, Marek reste.

Trente-sept ans plus tard, Aleksander est directeur de recherche au CNRS (hôpital Necker), Ania cadre chez EDF. Alina, pédiatre renommée et cofondatrice de Médecins du monde, vient de mourir à Paris. Marek vit toujours à Lodz. Jusqu'en décembre 2007, il allait tous les matins travailler à l'hôpital. Il vient seulement de prendre, à presque 90 ans, "un congé de six mois". Dans sa maison, les murs sont couverts de photos et de tableaux qui évoquent la guerre et la souffrance. Parmi les photos, il y a celles de Jacek Korun ou Bronislaw Geremek, héros de la Pologne démocratique.

C'est une autre vie de Marek Edelman : après l'insurrection du ghetto, le combat pour une Pologne libre. Dans les années 1970, il rejoint l'opposition démocratique, devient délégué en 1981 du mouvement national Solidarnosc, est incarcéré cinq jours lors du coup d'Etat du général Jaruzelski, sera élu député (1989-1993). "Pour les dissidents, se souvient son ex-camarade de l'opposition, le politologue Aleksander Smolar, Marek Edelman était un homme de confiance et un médecin exceptionnel. Ils allaient tous se faire soigner chez lui, à Lodz. Il était devenu le docteur de l'opposition."

Docteur de l'opposition, dissident perpétuel, révolté infatigable. Israël, où il s'est rendu quelques fois pour voir ses amis, reste sa bête noire. Le commandant en second de l'insurrection du ghetto de Varsovie n'est pas aimé en Terre sainte. "Edelman n'y a pas bonne presse, convient Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France. Il est un héros incontestable, mais dans la mémoire collective israélienne, il reste un juif diasporique. Dans le conflit idéologique qui structure le pays, le vrai héros soutient le projet sioniste. Le vrai héros du ghetto, pour Israël, c'est Anielewicz."

Marek Edelman n'a jamais reçu de décoration en Israël. En Pologne, en 1988, il a été fait chevalier de l'ordre de l'Aigle blanc, la plus haute distinction du pays. En 2003, ses copains de jeunesse, les cinq seuls autres survivants de l'insurrection du ghetto, ont été à leur tour décorés à Varsovie, en grande pompe. Cinq résistants juifs, dont quatre vivent pourtant en Israël, et qui n'en reviennent toujours pas d'avoir reçu en Pologne, au pays du ghetto et des pogroms, ce qu'aucun président de l'Etat juif ne leur a jamais donné.


Marion Van Renterghem
Article paru dans l'édition du 20.04.08
   
 
Mardi 15 avril 2008

Des super-cafards nés dans l'espace


Des cafards nés dans un satellite russe présentent des capacités physiques plus développées que leurs cousins nés sur Terre.
Une mutation qui n'a pas été expliquée.




Les cafards sont partout. Y compris dans l'espace. Enfin, ils y ont été envoyés par une équipe de chercheurs de l'Institut russe des problèmes biomédicaux, comme le relate New Scientist. Non seulement ils ont fait plusieurs fois le tour de la planète à bord d'un satellite mais ils se sont reproduits en apesanteur.

Voici maintenant l'information qui donne vraiment froid dans le dos : les cafards nés dans l'espace "courent plus vite que les cafards ordinaires, et ils sont plus vigoureux et plus costauds", indique le chercheur Dimitri Atyakshin à l'agence russe Ria Novosti. Ces bébés cancrelats ont une croissance plus rapide que leurs cousins terrestres.

L'équipe scientifique de l'institut est arrivée à ces conclusions en comparant la "portée spatiale" des cafards ayant séjourné dans l'espace aux deux autres portées que les cafards ont ensuite eu sur Terre. "Les deuxième et troisième portées n'ont pas montré ces spécificités en terme de croissance et de physiologie", note le chercheur. Cette mutation est-elle due aux rayonnements cosmiques ? Les chercheurs ne l'ont pas précisé.

Compartiments scellés

Les cafards avaient été placés dans des compartiments scellés et équipés de caméras vidéo, au sein du satellite Foton-M, qui a tourné autour de la Terre du 14 au 26 septembre dernier. L'expérience s'inscrivait dans le cadre d'un programme de recherches sur les effets des séjours dans l'espace.

Il y a de quoi être inquiet quand on sait, comme le rappelle Ria Novosti, que les cafards sont des animaux connus pour leur résistance. "Certaines espèces peuvent presque survivre une heure sans oxygène ou un mois sans nourriture et sont capables de supporter de hautes doses de radiation", souligne l'agence. Il faut espérer que les scientifiques russes ne vont pas laisser échapper dans la nature ces cafards mutants...
 
Samedi 12 avril 2008

Sharon Muir - Fauna Shield - Fleay's Barred Frog

 
Fauna Shield - Fleay's Barred Frog
Medium pastel on paper 2006 100cm x 66cm

 
Vendredi 11 avril 2008
Cher Isidor
Enfin de vos nouvelles
Encore un problème de culotte
Ah ! la culotte fera toujours problème
N'oublions pas tous ces millions de terriens tout nu que l'on a culotté de force
Le 19 ème est là encore.
Tu dois le savoir toi à quand remonte la création de la dite sûrement après la révolution bourgeoise dans laquelle se sont perdus les sans-culottes
je pense à cette belle expression françaises (ah! les belles lettres): il est culotté !
Aujourd'hui, actualisons là par Ah! il est déculotté !
 Au risque de te surprendre, Cher Isidor, j'adore la censure.
Ça met de la pagaille, du risque, de la frontière, de la réclame, du soulèvement....
Toutes ces idées sexuelles qui bondissent du cadre institutionnel.
Le suggestif refait surface, le phantasme
Ah ! le phantasme !
Il rebondit dans le trinquet social
Boycottons l'institution, le musée, les classes, les visites pédagogiques....
Au feu partons au champs courir le papillon dans les asphodèles
Quant à la photo sur le site LibéBordeaux  http://www.libebordeaux.fr/
l'effet aurait-il était le même sur la masse salariale avec la nudité de la mère ?
Père Mère Chien Chat je défend la culotte sous toutes ses formes et toutes les formes de censure
Soulevons la jupe, baissons le pantalon. Montrons nos culottes!
Reste encore à explorer dans le champs propagandiste de l'exposition régionale, les viscères, l'anatomie interne, la dissection des organes de reproduction
Et puis après ? .........
je t'envoie mon illustration de toute cette " mystérieuse affaire des musées"

 
Vendredi 11 avril 2008
L'état et les institutions françaises sont incapables de faire face aux problêmes du handicap et de la maladie.    

Acquittement d'une mère qui avait tué sa fille de 26 ans gravement handicapée LE MONDE | 10.04.08 |

es jurés de la cour d'assises du Val-d'Oise ont rendu une décision rare, mercredi 9 avril, à Pontoise, en acquittant Lydie Debaine, 66 ans, qui a tué, en 2005, sa fille Anne-Marie, 26 ans, gravement handicapée. Le verdict a été rendu sous les applaudissements.

La décision est prise peu après la mort de Chantal Sébire, une femme de 52 ans atteinte d'une maladie incurable qui réclamait une aide active à mourir pour abréger ses souffrances, retrouvée morte à son domicile le 19 mars. Mme Sébire a relancé la réflexion sur la fin de vie et l'euthanasie.

O

Depuis une vingtaine d'années, la justice se montre clémente à l'égard des pères ou des mères meurtriers de leur enfant handicapé. Le ministère public requiert des peines avec sursis. Les jurés le suivent. Les acquittements sont toutefois rares. Le dernier remonterait à 1994. La cour d'assises du Finistère avait acquitté un père qui avait tué son fils à coups de couteau.

Anne-Marie Debaine, née prématurément et atteinte d'une hydrocéphalite, était invalide à 90 % et avait l'âge mental d'une enfant de 5 ans. Placée dans des centres spécialisés de 6 à 22 ans, elle avait rejoint la maison en 2001, faute de place dans une structure. Son état s'était dégradé depuis plusieurs années, marqué de crises d'épilepsie, de maux de tête et de vomissements. "Elle souffrait trop. Elle passait des jours et des jours sans dormir", a témoigné sa mère.

Le 14 mai 2005, contre l'avis de son mari, Lydie a noyé sa fille dans la baignoire avant de tenter de se suicider.

Mme Debaine comparaissait libre. L'avocat général, Charles Modat, a souligné sa culpabilité. Elle "est coupable du crime qui lui est reproché. Elle a tué sa fille avec préméditation. Elle était consciente de ce qu'elle faisait, a-t-il indiqué. Elle revendique un acte juste. Je ne le qualifierais pas d'acte juste".

Le magistrat a requis "une peine de principe", trois ans de prison avec sursis. "Il est certain que la sanction doit être sans rapport avec la peine maximale (la perpétuité)", a-t-il déclaré. Il l'a ainsi justifiée : "La pire des sanctions, Lydie Debaine la vit déjà avec la perte de celle à qui elle a consacré son amour et sa vie." Son avocate, Caty Richard, a plaidé l'acquittement.

"Je ne regrette pas mon geste. Mais ma fille me manque", a dit Mme Debaine à l'énoncé du verdict. La soeur de cette dernière a déclaré qu'elle aurait préféré voir prononcer une peine avec sursis.


Nathalie Guibert (avec AFP.)
par Faboisset
Jeudi 10 avril 2008

Assainir l'atmosphère grâce aux gaz du kangourou

LE MONDE | 05.04.08 |

Les flatulences et éructations de nos troupeaux sont un fléau pour la Terre. A l'échelle mondiale, chaque année, ils larguent dans l'atmosphère une bonne centaine de millions de tonnes de méthane : un puissant gaz à effet de serre, dont l'impact sur le réchauffement planétaire est plus de trente fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.
Lorsque proviennent d'Australie des informations sur les ballonnements du kangourou, on craint donc le pire... Or il faut au contraire espérer ! Car si le kangourou pète, éructe et respire comme tous les bovidés (moutons, boeufs, chèvres), lui ne dégage pas de méthane !

Les ruminants, on le sait, ont un estomac à quatre poches. La principale, le rumen, leur permet de digérer de grandes quantités de cellulose. Mais cette dégradation des sucres a un prix : une importante production de méthane, effectuée par des bactéries méthanogènes. Un mouton rejette ainsi sous forme gazeuse environ 7 kg de méthane par an. Une vache laitière, 90 kg.

Rapporté aux 100 millions de moutons que compte le cheptel australien, auxquels s'ajoute un nombre important de bovins, le méthane provenant du bétail représente ainsi 14 % des gaz à effet de serre émis par l'Australie. Soit la deuxième cause de pollution du continent, après le secteur énergétique. D'où les recherches menées par les agronomes pour tenter de réduire les néfastes émissions.

Au Csiro - l'organisme gouvernemental australien pour la recherche scientifique -, on teste ainsi depuis plusieurs années, chez les ovins, l'efficacité d'un vaccin qui entraînerait la destruction des méthanogènes par le système immunitaire. Mais la découverte effectuée sur le kangourou par Athol Klieve, chercheur, à Moorooka, du programme antiméthane mis en place par l'Etat australien du Queensland, est peut-être plus prometteuse encore.

"Ce marsupial ayant évolué isolément des ruminants durant des millions d'années, sa flore intestinale est différente", explique-t-il. En lieu et place des bactéries méthanogènes sont ainsi mises en oeuvre des bactéries acétogènes, productrices d'acétate. Ce qui assure également à cet herbivore une digestion plus sereine et énergétiquement plus rentable.

Transférés dans la panse des vaches et des moutons, ces microbes providentiels permettraient donc non seulement d'assainir l'atmosphère, mais encore de réduire le coût de leur alimentation. Leur isolement devrait prendre trois ans. Après quoi une nouvelle phase de recherche s'ouvrira pour les transplanter dans le tube digestif des bovidés... et observer s'ils s'y imposent face aux méthanogènes.


Catherine Vincent
par Faboisset  
 
Jeudi 10 avril 2008
 
 Au début du siècle dernier, les familles vivaient à trois générations sous le même toit. La deuxième moitié du siècle dernier a connu la fracture de cette forme extensive de soutien familiale. On a mis les vieux dans des maisons de retraite. Les enfants sont partis travailler loin de leurs parents par nécessité économique. A la fin du siècle dernier  nous avons assisté à la rupture de la cellule parentale pour une forme momoparentale reconstituée, et à la création des couples avec enfants de précedents mariages. Aujourd'hui l'europe ne conduit plus ses enfants à la conduite familiale des valeurs traditionnelles. Elle n'a plus les moyens d'offrir ce à quoi elle prétendait: études+travail+famille.

 

Fils a mamma LE MONDE | 05.04.08 | 

La via Manzoni, à Naples, a le don d'attirer les clins d'oeil goguenards. Elle a même un petit nom : "Il parco dell'amore" (le parc de l'amour). Nuit et jour, sur cette large route qui longe la corniche, deux rangées d'innombrables voitures stationnent entre les pins, de chaque côté de la chaussée. Les vitres sont occultées par du papier journal. Des vendeurs à la sauvette proposent pour quelques dizaines de centimes des journaux périmés à ceux qui auraient oublié d'emporter ces instruments indispensables à l'intimité. Car sur la via Manzoni ne se garent que les amoureux en mal de nid. Et notamment les moins argentés des "bamboccioni", ces bébés attardés qui, à 30, 40 ans ou plus, vivent encore chez leurs parents. De " bamboccione" : "gros poupon", "gros bébé", "gros nigaud". En France, on les connaît sous le nom de "Tanguy" depuis le film d'Etienne Chatiliez (2001), où un jeune homme prénommé Tanguy, fin lettré, fils unique de parents aisés aux goûts bobos et tout à fait exaspérant, préfère le confort du domicile parental aux inconvénients pratiques de la vie adulte.

En Italie comme en Espagne, où l'attachement traditionnel à la famille se double d'une conjoncture économique difficile, ces enfants "attardés" relèvent désormais du phénomène de société. "Vous voulez dire : un fléau !", précise d'un air amusé la démographe Rossella Palomba, de l'Institut italien de recherche sur la population (IRPPS). Le sentiment de ras-le-bol envers ces bamboccioni envahissants est devenu une affaire d'Etat. En octobre 2007, le ministre de l'économie, Tommaso Padoa-Schioppa, a osé les évoquer avec un dédain officiel. C'était à propos d'un projet de dégrèvement fiscal en faveur des jeunes locataires d'un appartement : une mesure destinée à ces trentenaires qui "restent avec leurs parents, ne se marient pas et ne deviennent pas autonomes". "Mettons les bamboccioni à la porte !", a déclaré le ministre devant le Parlement. Mamma mia ! La phrase a déclenché la tempête. Depuis longtemps, les Italiens avaient pris l'habitude de rire de leurs "mammoni" (fils à maman), purs produits d'une société dominée par l'autorité de la mamma. Ils avaient, pour les incarner, un acteur comique fétiche, Alberto Sordi. Et sa célèbre réplique dans I Vitelloni, de Federico Fellini : "A'ma, ne pleure pas, je ne t'abandonnerai jamais !" Et voilà qu'un ministre prenait soudain de haut ces bamboccioni, au diminutif péjoratif. Sur les plateaux de télévision, à la "une" des journaux, chacun y est allé de son opinion. Pour accuser ces adultes immatures ou au contraire les disculper : haro sur les parents ou sur un Etat en crise, où les enfants n'ont plus les moyens économiques de s'émanciper ! Fabrizio Sinopoli, 33 ans et habitant par nécessité chez ses parents, s'est déchaîné sur son blog en indignations diverses. Des publicitaires ont flairé l'air du temps : les murs de Rome sont couverts d'affiches géantes où pose un trentenaire, nonchalamment affalé sur un canapé Confalone.

Dans leur appartement moderne avec balcon et vue spectaculaire sur la baie de Naples, les Demarco commentent le phénomène d'un air concerné. Il y a Marco, le père. Ornella, la mère. Et Daniele, le fils, 29 ans. Une famille de la classe moyenne supérieure. Marco dirige le quotidien régional Corriere del Mezzogiorno, Ornella travaille dans l'administration de l'université. Plus de 10 000 euros mensuels à eux deux. Et Daniele ne s'en va pas. Il préfère "assumer d'être chez ses parents plutôt que de se faire payer par eux un studio, ce serait immature". Bénéficiaire d'une bourse d'études en philosophie (800 euros par mois), il termine son doctorat, prépare un mastère de journalisme, accumule les diplômes avec l'espoir d'un bon emploi... qui ne vient pas. "Presque tous mes amis habitent chez leurs parents, constate-t-il très calmement. En attendant de trouver un vrai emploi, on ne peut pas faire autrement." Marco et Ornella s'inquiètent. Ex-soixante-huitards, comme une bonne part des parents de bamboccioni, ils culpabilisent. "Nous avons été victimes de l'autoritarisme "à l'ancienne" de nos parents, analyse Ornella. Nous sommes maintenant victimes de l'autoritarisme de nos enfants qui attendent tout de nous." "Dans les années 1970, enchaîne Marco, être un bamboccione aurait été perçu comme petit-bourgeois, pas aventurier, pas révolutionnaire, pas révolté. Les bamboccioni d'aujourd'hui ne sont ni de gauche ni de droite : la rébellion contre la famille est finie. Pourquoi partiraient-ils, alors qu'ils ont tout chez leurs parents : les courses, le ménage, la petite amie, l'argent de poche pour les loisirs ?" Daniele s'impatiente poliment, attend son tour. "J'essaie d'expliquer à mon père qu'à 18 ans il était déjà dans une structure de travail. Moi, pour travailler, je dois avoir 30 ans et des diplômes." Marco : "C'est aussi que tu gardes l'exigence de train de vie élevé que t'a donné ton milieu. Ça ne te traverse pas l'esprit de vivre moins bien. Plus tu étudies, moins tu acceptes des petits métiers provisoires. Dans le monde moderne, globalisé, la force protectrice de la tradition familiale devient un handicap." Daniele soupire affectueusement.

Marisa et Angelo n'ont pas les mêmes problèmes. Elle a 42 ans, et lui, "plus de 35", comme il dit, soudain gêné. Elle est institutrice, il réalise des films qu'il peine à vendre. Ils sont en couple depuis six ans mais vivent séparément, faute de moyens, chacun chez ses parents retraités. Le père d'Angelo était ouvrier dans une usine de tissus, celui de Marisa agent hospitalier, les mères ne travaillaient pas. Marisa et Angelo connaissent bien la via Manzoni et la voiture aux vitres occultées par le papier journal. Là où ils habitent, en banlieue de Pompéi, il y a une rue équivalente. "On peut à peine l'atteindre, tant c'est l'embouteillage", note tristement Marisa. Elle rêve de se marier avec Angelo et de quitter la maison familiale. Mais Angelo ne gagne pas sa vie et elle, avec ses 1 100 euros par mois, passe son temps à compter. Angelo l'a présentée à ses parents, elle aux siens. "Dans la culture de mes parents, ce n'est pas pensable qu'il dorme chez moi ni le contraire." Parfois, ils s'évadent le week-end.

Les bamboccioni sont partout. Dans tous les milieux. Dans les villes et dans les villages. Dans le Mezzogiorno défavorisé comme dans les riches provinces du nord. La démographe Rossella Palomba avait commencé par s'étonner de ce constat statistique : en 1987, 46,8 % des Italiens âgés de 20 à 34 ans vivaient chez leurs parents. En 1995, ils étaient 52,3 %. Ils sont 69,7 % aujourd'hui. "Une croissance phénoménale", note-t-elle. En 1999, au bout d'une année d'enquête auprès de 1 000 parents et 4 500 enfants de 24 à 34 ans, elle a rédigé un rapport. L'explication la plus évidente est économique. Selon l'Institut italien des statistiques (Istat), deux tiers des actifs de moins de 30 ans vivant chez leurs parents gagnent moins de 1 000 euros par mois. Les bamboccioni sont d'abord les victimes du "déclin" italien, de la précarité de l'emploi et du coût des loyers. Plus que jamais, la famille est un amortisseur social. Mais la nouveauté du phénomène est d'apparaître dans les milieux aisés. Selon Rossella Palomba, la montée en puissance des "gros bébés" a bizarrement peu à voir avec la crise économique. Sur les 4 500 enfants de son enquête, 80 % ont un emploi à durée déterminée et correctement rémunéré. Mais ils considèrent leurs revenus comme insuffisants : "Leurs exigences sont liées au niveau de vie des parents, note-t-elle. Ils ne supportent pas de revoir leur mode de vie à la baisse." S'ajoute une tradition bien italienne : "La seule vraie raison de quitter le domicile des parents est de se marier. Or l'âge moyen du mariage a considérablement reculé en Italie : de 28 ans à la fin des années 1990, il est de 30 ans aujourd'hui. Un cercle vicieux : plus ils restent chez la mamma, plus tard ils se marient. Et plus ils restent."

Renata Giordano languit ainsi, dans l'un de ces appartements de la grande bourgeoisie napolitaine à la splendeur déchue, où jaunissent les murs garnis de tableaux de maîtres. A 36 ans, elle habite chez sa vieille mère en fauteuil roulant. Du vivant de son père, elle était déjà une bambocciona à plein temps, étudiante à perpétuité, nourrie et logée par sa riche famille. Le système universitaire italien n'aide pas les bamboccioni à s'émanciper. Les diplômes ne s'obtiennent pas en un nombre d'années limitées, mais à coups d'une trentaine d'examens, que l'on peut accumuler sans limite de temps ni d'âge. Il en manque deux à Renata pour obtenir sa maîtrise de biologie moléculaire. Soudain, il y a quatre ans, Renata s'est réveillée. L'overdose de ses parents à domicile. Elle s'est mise à travailler dur, à accumuler les examens. Mais trop tard. Sa mère handicapée use de toutes les ruses affectives pour ne plus la laisser partir. Elle ne sait pas comment gagner 3 000 euros pour vivre "à peu près comme j'ai l'habitude" et se payer le loyer d'un 50 m2 (800 euros). "Je suis prisonnière, dit Renata, d'une voix faussement joyeuse. La prison, c'est cette foutue mentalité italienne. Surtout ici, à Naples, dans le Mezzogiorno. Les parents s'arrangent pour te garder à la maison. Tu ne sais même plus comment, tu te retrouves là, chez eux, à 36 ans."

Marion Van Renterghem, Naples, envoyée spéciale

 

par Faboisset 
Samedi 5 avril 2008
Bonjour Gregory
Je suis ravie de recevoir un mail de ta part.
Je trouve ton intervention dans l'émission de Taddeï très bien
J'étais consternée par les commentaires sur le site de France 3
Que penses-tu de mon commentaire sur mon blog?
http://blogo.over-blog.fr/pages/Fevrier_2008-333781.html
As-tu encore des contacts avec les autres intervenants?
L'émission me parait un peu loin, maintenant
mais c'est une occasion de la réécouter
je trouve que vous êtes dans le concret, matérialiste peut-être ?
mais c'est un héritage de l'après-guerre et de la société de consommation
mais je trouve que vous avez un regard critique sur cet héritage.
une manière de mettre à plat  l'aboutissement de cet héritage
et c'est bien.
La vieillesse n'est pas un naufrage comme vous le dites, c'est la maladie qui est en est un.
mais il y a dans les deux cas des enseignements à en tirer
Vieillir c'est aussi la maturité, la sagesse et le détachement, non?
mais je pense réellement que la France est gérontocrate.
Elle a peur de déléguer aux forces vives et aux novations des jeunes générations.
Elle les tient le plus longtemps possible loin du monde du travail mais je crois que c'est structurel,
et sert à empêcher qu'il y est trop de monde sur un marché du travail saturé.
Pourtant dans le monde de l'Art, c'est le contraire.
On ne fait travailler que des jeunes artistes !
Le monde de l'art est devenu jeuniste mais c'est aussi une façon de contrôler des créateurs malléables.
Je suis pour l'émancipation à 15 ans!
Rembrandt était connu à 18 ans (après un apprentissage très jeune) et il avait son propre atelier et sa clientèle, ce qui ne l'a pas empêché d'être ruiné à la fin de sa vie !

Vous mettez l'accent sur la mondialisation et vous avez raison.
Mes parents sont partis en Algérie pour trouver du travail après guerre.
Maintenant nous sommes dans la guerre mondiale économique.... et là est le paradoxe. Pays riche sans emplois. Pays s'appauvrissant mais avec un esprit capitaliste toujours accès sur la consommation.
Il y a quand même en France des gens tournés vers les problèmes de la mondialisation mais peut-être plus en Espagne, en Italie ou en Allemagne comme vous le dites. les Français sont des beaux parleurs, pas tellement dans l'action et c'était le cas en 1968.
Les jeunes sont pas pris pour des acteurs de la vie mais  pour des acteurs-remplaçants, des figurants comme dit un ami philosophe!
Ils sont une figure emblématique du marketing et sont utilisés à cet effet.

Je ne suis pas de la génération parti politique. Je n'aime pas les groupes, les leaders et les consensus qui en découlent. Je suis plutôt pour la particularité, la différence, la critique, la marge et l'originalité. La pensée commune m'effraie car elle me parait totalitaire, globalisante, faite de compromis. Mais cette optique m' isole. Le problème du groupe et de l'activisme politique est qu'ils me semblent régis par des règles dans lesquelles je ne me retrouve pas.
Je suis née en 64. une génération marginale, trou noir. Elle vit cachée. Quand elle émerge médiatiquement (portrait sur libé par exemple) c'est toujours pour des actions très particulières, inattendues, personnelles et novatrices touchant aux choses cachées de notre société.
Cordialement Fabienne
par Faboisset  
Mercredi 2 avril 2008
 Cliquez sur l'image pour lire le texte
par Faboisset
Arii Matamoe (The Royal End)

Paul  Gauguin Tahiti, 1892 Oil on coarse fabric 18 7/8 x 29 1/2 in.
 


 














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