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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 13:13
S'il n'y avait qu'une émission de radio à garder ça serait
PANIQUE AU MANGIN PALACE
sur France Inter le dimanche de 11h02 à 12h par Philippe Collin





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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:31

Débat
Gérard Haddad : "Une toxicomanie à portée de main"
LE MONDE | 18.12.09 | 14h40  •  Mis à jour le 18.12.09 | 14h40

érard Haddad a été en analyse pendant douze ans avec Lacan, à partir de 1969, et est devenu psychanalyste. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont Manger le Livre (Grasset, 1984), Le Jour où Lacan m'a adopté (Grasset, 2002), et vient de publier Les Femmes et l'alcool. Quatre récits d'un psychanalyste (Grasset, 136 p., 12 euros).

Pourquoi cet intérêt pour l'alcoolisme, et spécifiquement celui des femmes ?

Parce que c'est un problème important et de plus en plus grave, une toxicomanie à portée de main, parfois au bas de son immeuble. C'est aussi un problème aux multiples aspects qui n'ont rien de médical, un problème quasi métaphysique.

On se pose souvent la question : comment en sortir ? Rarement celle-ci : pourquoi on "y entre" ? C'est à cette question que j'espère apporter un début de réponse, soumise au public, à la vérification de mes confrères attelés à cette question. Selon moi, la cause de l'alcoolisme est à rechercher dans les impasses et les catastrophes qui surviennent dans l'accession des femmes et des hommes à la fonction, éminemment symbolique, qui règle la reproduction de notre espèce. Impasses survenant chez certains hommes face à la paternité, désastres pour les femmes dans leur désir de maternité. A travers les quatre récits qui forment mon livre, j'ai voulu explorer certaines faces de ces impasses et de ces désastres. Ce n'est peut-être pas la seule cause de l'alcoolisme, mais c'en est une essentielle.

Cette question a fait irruption dans ma pratique, un jour déjà lointain, quand une jeune femme ivre, soutenue par son mari, est entrée dans mon cabinet. Elle consommait depuis quelques mois d'énormes quantités d'alcool. Pourquoi ? Il m'a fallu des mois de patience pour trouver une réponse : au cours d'une opération pour appendicite, le mari avait soudoyé, à l'insu de sa femme, le chirurgien (cela se passe dans un pays lointain) pour qu'il la stérilise. La chose lui est annoncée au réveil. Elle crâne, elle dit qu'ainsi elle ne prendra plus cette pilule qui la gênait. Mais quelques mois plus tard débutèrent les prises massives de whisky. Etrangement cette femme n'établissait aucun lien conscient entre la mutilation subie et son alcoolisme. Je n'ai pas cessé, depuis lors, de penser à cette histoire, devenue pour moi le cas princeps.

Dans d'autres cas, c'est un avortement forcé, c'est-à-dire effectué contre son désir, qui provoque cette addiction chez une femme. C'est l'histoire d'Ilse, rapportée dans Le Livre brisé de Serge Doubrovsky, laquelle, après trois cruels avortements imposés, sombre dans l'alcool jusqu'à en mourir. Mais une femme qui boit ne fait pas le lien entre son désir bafoué et l'addiction qui lui succède quelque temps après. Du même coup, cette cause passe inaperçue. Il m'a fallu des mois pour la mettre au jour.

Selon vous, l'alcoolisme des femmes est différent de celui des hommes. Et pas seulement parce qu'elles en ont honte.

Cela mérite un détour. J'affirme qu'il existe un pacte symbolique fondamental entre hommes et femmes, conséquence de l'universel interdit de l'inceste, qui règle la reproduction de notre espèce. Il n'y a pas d'un côté la paternité aux relents de patriarcat et de l'autre la maternité qui confinerait la femme à ce rôle. C'est une seule et même fonction que j'ai appelée "pa(ma)ternité". Et ce sont les désastres survenant autour de cette fonction qui peuvent conduire à l'alcool et à la drogue.

Par rapport à ce pacte, la position des hommes et celle des femmes ne sont pas symétriques. Exactement comme l'oedipe féminin n'est pas en miroir de l'oedipe masculin. La femme, avant de se tourner vers le père - et tous les substituts qui le remplaceront - a dû renoncer à son désir pour sa mère, renoncement que Freud appelle castration, placé donc pour elle au début de sa maturation sexuelle. Chez l'homme par contre, cette même castration se situe en fin de son oedipe.

Cette différence de structure détermine les modalités différentes du rapport à l'alcool dans les deux sexes. Pour le dire brièvement, l'homme qui s'adonne à l'alcool est un sujet qui ne parvient pas, ou très mal, à accéder à cette place symbolique de père. Pour la femme, c'est la destruction de son désir ou la profanation de sa fonction symbolique dans la maternité à laquelle elle paraît d'emblée prête, qui cause ce désastre. Or il y a de nos jours une certaine déroute de cette pa(ma)ternité.

Et la femme qui boit est pour vous une femme blessée, profanée dans sa volonté d'être mère.

Il ne s'agit pas de maternité, mais de désir, et pas seulement d'un désir de maternité. C'est aussi le désir que le partenaire dans l'aventure tienne dignement sa place dans le pacte dont je parlais, cela dans l'intérêt de leur commune progéniture. Dans mon livre, je rapporte le cas d'une femme, mère de plusieurs enfants, dont le mari, à un moment de leur histoire, a déchu dans cette dignité, et ainsi a mis en danger leurs enfants. En réaction, elle s'est mise à boire.

Le désir d'accéder à la maternité est généralement clair chez la femme : elle veut ou elle ne veut pas. Quand elle veut, et cela peut venir tard, ce désir est impérieux. Elle y accède d'emblée dans l'angoisse et dans un sentiment d'urgence. Mais si l'homme investi de son amour, de sa confiance, de la totalité de son être, dont elle désire un enfant, la bafoue, la profane dans ce désir, comme dans les cas cités, il se peut alors qu'elle plonge dans l'addiction qui n'est rien d'autre, en définitive, qu'un suicide lent et masqué.

Il y a aussi dans l'amour d'une mère pour son enfant quelque chose d'énigmatique, une jouissance non phallique, comme disait Lacan, qui comparait cette jouissance à celle des mystiques. Et les hommes supportent mal que leur compagne leur échappe dans cette jouissance-là qui n'a rien de biologique et qui lui est indispensable. La lui refuser, c'est la mutiler.

Dans votre livre vous abordez, à travers quatre cas, des questions théoriques.

Si je me suis tant intéressé à ce premier cas, c'est qu'à ce moment-là j'entreprenais un important travail théorique, à mes yeux véritable et profonde transformation de la théorie freudienne classique. Dans la théorie du père chez Freud, telle qu'énoncée dans Totem et tabou, quelque chose ne tient pas. Cette histoire d'un père primitif assassiné puis dévoré par ses fils, cette dévoration cannibalique permettant aux fils l'accès à leur identité, c'est peut-être une intuition géniale mais à reformuler entièrement. Ce que j'ai fait à travers l'analyse des rites alimentaires et ce qui m'a conduit à cette thèse : le sentiment d'identité, d'appartenance à un groupe donné, sans lequel on ne trouve sa place nulle part, et en particulier dans la grande affaire de la reproduction de l'espèce, découle de l'incorporation du Livre fondateur du groupe donné. Cette théorie, je l'ai consignée dans mon essai Manger le Livre. Cette question de l'alcool est venue d'elle-même à travers l'analyse d'ouvrages comme Au-dessous du volcan, de Malcolm Lowry, ou Hedda Gabler, d'Ibsen. Il m'est apparu que l'alcoolique est celui qui n'a pas ou mal incorporé le Livre. L'alcool est un substitut du Livre parce qu'il brûle la bouche comme du feu. Or l'analyse structurale de certains passages bibliques, ceux qui rapportent les visions d'Isaïe, d'Ezéchiel et l'Apocalypse de Jean, m'a montré que le feu est l'équivalent du Livre, du symbolique. Ce sont des questions qu'on ne peut résumer en quelques lignes. Ce livre Les Femmes et l'alcool prolonge la réflexion entamée dans Manger le Livre.

Plus généralement, d'où vient l'alcoolisme des jeunes gens aujourd'hui ?

Cela me paraît en relation directe avec ce que nous disions. L'extension des addictions est une conséquence de la débâcle du signifiant paternel dans notre société, débâcle de la pa(ma)ternité, débâcle du symbolique et du Livre.


Propos recueillis par Josyane Savigneau
Article paru dans l'édition du 19.12.09

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 15:05
VOYAGE AUX CONFINS DE L'UNIVERS
Auteur :
Durée : 01:25:00
Réalisateur : ABBAS YAVAR

Embarquement pour l'exploration des mondes galactiques

en plusieurs séquences
avec la voix de bruce willis et la music de star war 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 14:39

Un excellent reportage de Lewis Ben qui nous dit tout des magouiles des salles de ventes aux enchères

 
L'art s'explose
(Royaume Uni , 2008, 90mn) ZDF Réalisateur: Lewis Ben 

Après la bulle financière, la bulle de l'art contemporain. Explosera, explosera pas ? Ben Lewis a filmé cette aventure comme un polar. Le 15 septembre 2008, le jour où Lehman Brothers faisait faillite, les oeuvres de Damien Hirst se vendaient pour plus de 70 millions de livres chez Sotheby's. Depuis la fin de 2007, tandis que le reste de l'économie s'asphyxiait, la bulle de l'art n'avait cessé d'enfler. Mais un mois après la vente Hirst, le marché entamait sa dégringolade. Tourné comme un policier, le film de Ben Lewis révèle les pratiques du milieu et démonte le mécanisme de la spéculation à travers des interviews de critiques, commissaires-priseurs, galeristes et collectionneurs, dont certaines obtenues de haute lutte.

jeudi, 19 novembre 2009 à 22:35
Rediffusions :
30.11.2009 à 09:55
07.12.2009 à 03:00



 
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 16:29
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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 14:48
C'est fou comme les gens qui ont de l'argent se croient tout permis. Les gens du gouvernement ont devraient les mettre au SMIC... on devrait ainsi faire des économies....!
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 16:32

Science du sexe et sexe des sciences
LE MONDE | 07.08.09 | 14h53  •  Mis à jour le 07.08.09 | 20h07

asculin, féminin : comment rester neutre sur ce terrain d'études, quand celui ou celle qui l'aborde se reconnaît forcément dans l'un ou l'autre sexe ? Avouons-le : l'auteure de ces lignes elle-même n'a pas échappé à la règle. Les chercheurs non plus. Quelle que soit leur volonté, la science n'est jamais tout à fait "objective" dès lors qu'elle concerne, de près ou de loin, la différence des sexes. Et les exemples sont nombreux qui montrent que les avancées du féminisme, en modifiant les mentalités, en permettant au sexe "faible" de participer plus largement à l'élaboration des connaissances, ont modifié celles-ci de façon sensible. Démonstration en trois points.

ANNÉES 1970 : LA HIÉRARCHIE CHEZ LES BABOUINS, UN ARTEFACT ?

"Envoyez un homme et une femme dans une église, et faites-les sortir un quart d'heure après. L'homme n'aura rien vu, la femme vous décrira les chapeaux et les chaussures." Celui auquel sont attribués ces propos, l'anthropologue américain Louis Leakey, codécouvreur d'Homo habilis, eut l'idée géniale, au début des années 1960, d'envoyer sa secrétaire observer les chimpanzés dans la forêt tanzanienne. Elle s'appelait Jane Goodall. Elle allait être suivie de beaucoup d'autres, après qui la primatologie ne serait plus jamais la même.

"Ces femmes restaient beaucoup plus longtemps sur le terrain que les hommes", raconte l'éthologue et psychologue Vinciane Despret, professeur à l'université de Liège (Belgique). "Non pas, comme on l'a beaucoup dit, parce qu'elles étaient plus patientes et observatrices, mais tout simplement pour des raisons de carrière : dans les années 1960, si elles voulaient espérer revenir à l'université et obtenir un poste, il fallait qu'elles aient à leur actif beaucoup plus de publications que leurs confrères masculins." Leur regard a tout bouleversé. Notamment le concept de "hiérarchie de dominance", selon lequel les mâles dominants, entre autres prérogatives, jouent un rôle particulier dans la défense contre les prédateurs. Une notion si centrale dans l'étude des primates qu'elle était devenue, à l'époque, synonyme d'organisation sociale.

Au milieu des années 1960, le beau modèle connaît cependant une exception : les babouins de la forêt ougandaise d'Ishasha, observés par la primatologue Thelma Rowell, s'enfuient dans le plus grand désordre à la vue des prédateurs, chacun selon ses propres capacités. "Ce qui veut dire les mâles loin devant, et les femelles, encombrées de leurs petits, peinant à l'arrière", précise Vinciane Despret. Elle constate également qu'il ne semble pas y avoir, dans cette troupe, de hiérarchie entre mâles et femelles. Quelques années plus tard, une autre femme, Shirley Strum, complète la démonstration avec les babouins kényans de Pumphouse. "La domination des mâles est un mythe", affirme-t-elle. La controverse enfle. Jusqu'à ce que la fine fleur de la primatologie admette ce que personne n'avait compris jusqu'alors : ce ne sont pas les conditions de vie des babouins qui les rendent agressifs et hiérarchisés, mais les conditions d'observation.

"La dominance et la compétition qu'elle est censée réguler n'émergent bien que dans deux conditions très particulières, précise Vinciane Despret. Les recherches en captivité, et celles où les animaux sont observés en liberté, mais nourris par les chercheurs pour être approchés." La domination des mâles chez les babouins ne serait donc qu'un artefact. Et peut-être, comme le suggérait Thelma Rowell, le résultat d'une forme inconsciente d'anthropomorphisme...

ANNÉES 1980 : POURQUOI LES FEMMES NE SONT-ELLES PAS CHASSERESSES ?

D'après les données de la préhistoire et l'étude des sociétés traditionnelles, la répartition des tâches chez les peuples chasseurs-cueilleurs a toujours été la même : aux hommes la chasse aux gros animaux, aux femmes la récolte d'aliments végétaux, d'oeufs et d'insectes. Pendant longtemps, l'explication d'une telle constante alla de soi : les femmes ne participaient pas à la chasse du fait de leurs grossesses et de leurs enfants en bas âge. Comme il allait de soi que l'invention de la chasse avait été une source importante d'innovations adaptatives (techniques, sociales, alimentaires) pour le genre Homo - innovations dont les mérites étaient donc attribués aux hommes.

Cette dernière assertion fut remise en cause, au début des années 1980, par plusieurs chercheuses américaines. Pour l'anthropologue Nancy Tanner et la primatologue Adrienne Zihlman notamment, ce ne sont pas les hommes chasseurs, mais les femmes cueilleuses qui furent le moteur de l'évolution humaine. S'appuyant sur l'observation des sociétés traditionnelles et sur celle des grands primates, elles proposèrent le modèle suivant : les femelles auraient été les premières chez les hominidés à se servir régulièrement d'outils, avec lesquels elles déterraient ou capturaient les aliments qu'elles mettaient ensuite à l'abri des prédateurs. L'efficacité de cette collecte féminine aurait ainsi permis aux hommes de s'adonner à la chasse, activité au rendement plus aléatoire.

Dans le même temps, l'explication selon laquelle les femmes n'allaient pas à la chasse parce qu'elles étaient moins mobiles que les hommes commença sérieusement à se fissurer. Alain Testart, chercheur au laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France, est l'un de ceux qui ont le plus travaillé sur ce sujet. Auteur, en 1986, d'un ouvrage sur Les Fondements de la division sexuelle du travail chez les chasseurs-cueilleurs, il soutient que cette division du travail se fonde, non pas sur la maternité, mais sur une idéologie liée à la symbolique du sang. Hypothèse qu'il n'a cessé d'étayer depuis lors.

A y regarder de plus près, en effet, les femmes ne sont pas systématiquement exclues de la chasse. Chez les Inuits par exemple, elles peuvent, l'été, s'approcher des phoques endormis et les abattre à coups de gourdin. Chez les Aïnous, population d'origine de l'île d'Hokkaido, au nord du Japon, elles pratiquent la chasse aux cervidés, avec chiens, cordes et filets. Chez les Aborigènes australiens, elles traquent des animaux fouisseurs en les enfumant dans leur terrier. Pour elles, donner la mort est donc possible. Mais jamais avec des flèches, des sagaies ou des harpons.

"La femme ne chasse pas si le sang animal doit couler, tandis qu'elle chasse dans le cas inverse", résume Alain Testart. Rappelant "les très nombreuses croyances, interdits et tabous variés et hauts en couleur qui entourent le sang des femmes - que ce soit celui de la parturition ou de la virginité, ou surtout le sang menstruel - dans la quasi-totalité des sociétés primitives", il souligne le parallèle entre le sang des femmes et celui des animaux. "Tout se passe comme si la femme ne pouvait mettre celui-ci en jeu, dans la mesure où il est question, en elle, de son propre sang." Conséquence : les femmes se seraient retrouvées presque partout exclues de la guerre - donc du politique -, ainsi que des rites sacrificiels - donc de la religion.

ANNÉES 1990 : LE CHROMOSOME Y DÉTIENT-IL LA CLÉ DE LA DÉTERMINATION DU SEXE ?

XX = femme, XY = homme : le fait que la présence du chromosome sexuel Y, en un seul exemplaire, suffise à induire le développement des organes mâles a longtemps conduit les chercheurs à lui attribuer un rôle "dominant". Un "dominant" incapable de vivre sans son "dominé" (puisqu'un oeuf fécondé dans lequel le chromosome Y est tout seul n'est pas viable), un "dominé" vivant en revanche très bien sans son "dominant" (puisque la moitié de la moitié de la population n'est porteuse que de chromosomes X)... "Mais pendant longtemps, ces idées n'effleurèrent personne !", remarque la biologiste Joëlle Wiels, directrice de recherche CNRS à l'Institut Gustave-Roussy (Villejuif). Le développement femelle étant considéré comme le développement "par défaut", on favorisa donc les recherches sur les "événements supplémentaires" nécessaires à l'élaboration du mâle.

Entre 1970 et 1990, on trouva ainsi successivement trois gènes du chromosome Y impliqués dans la formation des testicules. Dans les articles scientifiques de l'époque, on ne les nommait pas les gènes de détermination "du sexe mâle", mais "du sexe".

En 1986, pourtant, deux biologistes américaines, Eva Eicher et Linda Washburn, émirent l'hypothèse qu'il existait, aux côtés du "déterminant du testicule", un "déterminant de l'ovaire". Mais il fallut attendre 1994 pour qu'une équipe italienne montre l'existence, sur le chromosome X, d'un gène capable, exprimé en double dose, de provoquer le développement femelle chez des individus XY. Gène qui se révéla en fait, quelques années plus tard, ne pas être indispensable à la formation des ovaires. Mais qui eut le mérite d'attirer l'attention sur les mécanismes de détermination du sexe femelle.

"Ces progrès ont surtout permis de mettre en évidence la complexité et la subtilité des événements qui gouvernent, à partir d'un même tissu, la formation de deux organes aussi différents que les ovaires et les testicules", commente Joëlle Wiels. Même si cette nouvelle approche n'a pas mis totalement fin "aux bons vieux réflexes", la biologiste note que le vocabulaire des scientifiques a changé, et qu'il n'est pas rare, depuis le début des années 2000, "qu'une conception un peu plus paritaire s'exprime dans les articles". On pouvait même lire en 2005, dans la revue Molecular and Cellular Endocrinology, un article dont le résumé commençait par cette phrase : "Des preuves de plus en plus nombreuses indiquent que l'organogenèse de l'ovaire n'est pas un processus passif qui survient par défaut en cas d'absence du développement des testicules." Puisqu'on vous le dit !


Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 08.08.09
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 16:15

GIRONDE. L'affaire de la contamination aux PCB n'est qu'un épisode de plus dans la pollution de l'estuaire. Farcies au cadmium, les huîtres sauvages ne peuvent y être consommées

Avant le pyralène, il y avait déjà du cadmium dans l'eau
Les huîtres sauvages de l'estuaire de la Gironde sont interdites de culture, de ramassage et de consommation depuis 1995. (photo DR)
Les huîtres sauvages de l'estuaire de la Gironde sont interdites de culture, de ramassage et de consommation depuis 1995. (photo DR)

La faune sauvage de la Garonne et de l'estuaire de la Gironde devra bientôt sortir en scaphandre autonome. Les arrêtés préfectoraux du mois dernier ont mis en exergue une préoccupante contamination du milieu aux PCB, c'est-à-dire au pyralène, un composé chimique hautement toxique qui s'accumule dans la chair grasse des poissons de fond.

Jusque-là, seules les anguilles en sont victimes à des taux qui interdisent désormais leur consommation - la même mesure est valable pour la Charente (lire nos précédentes éditions). Cette pollution en aval du Tarn-et-Garonne, dont l'origine est sans doute ancienne et diffuse, n'est pas la première. Si le dossier est un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui, il n'en reste pas moins que les huîtres sauvages, ainsi que les moules, y sont aussi interdites de ramassage et de consommation.

C'est en 1995 que l'estuaire de la Gironde a été classé en catégorie D, une mesure qui a sonné le glas de l'ostréiculture sur les deux rives. En cause : le cadmium, un métal lourd dont les effets néfastes sur la santé humaine sont reconnus.

Le problème est apparu à la fin des années 1970. Des analyses menées à cette époque sur les huîtres montraient que leur teneur en cadmium faisait exploser toutes les données connues en France : vingt fois plus que la norme actuellement en vigueur. Il a fallu mener l'enquête pour déterminer l'origine de la contamination.

La source dans l'Aveyron

C'est l'université de Bordeaux 1 qui a été chargée de jouer les limiers dans cette affaire. « De proche en proche, on a examiné tout le bassin versant. C'était un travail passionnant. On a fini par identifier la source de la contamination à Decazeville, dans l'Aveyron. En amont sur le Lot, il n'y avait rien. Après Decazeville, on obtenait des taux records », se souvient Claude Latouche, directeur de recherche au CNRS et aujourd'hui retraité.

En fait, le coupable était un petit affluent du Lot, le Riou Mort. S'y déversaient des résidus d'extraction du zinc sur le site de l'Union minière à Viviez, à 4 kilomètres de Decazeville. Sous-produit du zinc, le cadmium était massivement présent dans des terrils lessivés par les pluies et partait vers le Lot, la Garonne puis l'estuaire de la Gironde, où il était piégé par les sédiments du bouchon vaseux. « À l'époque, personne ne savait ce qu'était le cadmium. On était perçus comme des empêcheurs de tourner en rond », ajoute Claude Latouche.

Toujours des apports

Le traitement du minerai a été stoppé en 1987 à Viviez. Ce qui n'a pas mis un point final au problème, loin de là. En 1991, on estimait qu'il restait 200 tonnes de cadmium dans le lit du Lot. « Dès qu'on gratte au fond pour une raison ou pour une autre, dès qu'on travaille sur une écluse, on en renvoie vers l'estuaire », indique Claude Latouche.

La source n'est pas tarie, mais le débit diminue. Selon l'agence de l'eau Adour-Garonne, le flux de cadmium dissous charrié par la Garonne était de 30 tonnes par an dans les années 80. Il serait maintenant inférieur à 1 tonne par an. Mais la question reste ultrasensible. Au sortir de l'estuaire, une partie du cadmium prend la route des pertuis charentais et vient frôler le bassin Marennes-Oléron...

Auteur : Jean-Denis renard
jd.renard@sudouest.com
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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 23:25
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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 16:02
AU LIEU DE NOUS FAIRE CHIER AVEC LEUR GRIPPE, ON FERAIT MIEUX DE S'OCCUPER DE CETTE NOUVELLE "PESTE"

Le nombre de malades atteints par la maladie d'Alzheimer dans le monde pourrait passer de 24 millions actuellement à 42 millions en 2020 et 81 millions en 2040.
860 000 personnes concernées en France en 2007


Alzheimer, maladie infectieuse ?
LE MONDE | 12.06.09 | 14h56  •  Mis à jour le 12.06.09 | 14h56

a maladie d'Alzheimer pourrait-elle se transmettre comme une pathologie infectieuse ? C'est la nouvelle hypothèse que soulèvent des travaux expérimentaux chez la souris menés par une équipe européenne et publiés, dimanche 7 juin, sur le site de la revue Nature Cell Biology. L'injection de tissu cérébral contenant la forme anormale d'une protéine humaine, typique de la maladie d'Alzheimer, dans le cerveau de souris saines entraîne la prolifération de lésions caractéristiques. Un phénomène qui rappelle le cas du prion pathologique, responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Principale cause de démence chez les sujets âgés, la maladie d'Alzheimer résulte d'une dégénérescence des neurones cérébraux, qui provoque la perte progressive et définitive des fonctions mentales, à commencer par la mémoire. Le cerveau atteint est caractérisé par la présence de deux types de lésions. L'une est le développement, entre les neurones, de plaques constituées de peptides bêta-amyloïdes ; l'autre est la formation, à l'intérieur des neurones, d'un écheveau de filaments entremêlés résultant de l'agrégation de protéines dites "tau".

"Dans la maladie d'Alzheimer, il y a la composante "poison", la substance amyloïde, et la mort neuronale, liée aux protéines tau anormales, explique Luc Buée, directeur de recherches au CNRS et directeur de l'unité Inserm U837 au CHRU de Lille. En s'accumulant dans les neurones, la protéine tau anormale entraîne la mort de ces cellules nerveuses, mais pas immédiatement. Pendant des années, elles fonctionnent plus ou moins bien."

Dans la maladie d'Alzheimer, "l'accumulation de protéines tau pathologiques commence autour d'une zone essentielle à la mémoire à court terme (moins d'une semaine), l'hippocampe. Puis, contrairement au simple vieillissement où le phénomène reste localisé, les protéines pathologiques se propagent, envahissent le lobe temporal du cerveau où s'intègrent les diverses informations qui aboutissent à un message compréhensible, puis les autres lobes et le reste du cortex cérébral. C'est toujours le même cheminement", décrit Luc Buée.

L'équipe européenne dirigée par Markus Tolnay (université de Bâle, Suisse) est partie du constat que lorsqu'un neurone atteint meurt, la protéine tau pathologique passe dans l'espace extracellulaire et les neurones voisins captent la protéine pathologique. "Cette protéine porte une signature particulière qui transmet la conformation anormale aux protéines tau normales. Cette réaction en chaîne propagerait ainsi la pathologie", indique Luc Buée.

Afin de tester cette hypothèse, Markus Tolnay et ses collègues ont utilisé deux types de souris transgéniques, ayant la capacité d'exprimer la protéine tau humaine. Mais, pour l'une, il s'agit d'une forme anormale, plus courte, alors qu'elle est normale dans le cas de la seconde. Les souris exprimant la forme anormale développent une neurodégénérescence et des filaments de protéine tau hyperphosphorylée, tandis que celles chez lesquelles la protéine tau est normale ne présentent pas ces anomalies.

L'injection de tissu cérébral contenant la protéine anormale dans le cerveau des souris exprimant la protéine normale entraîne la formation locale de filaments, typiques de la maladie d'Alzheimer, et la dissémination de cette anomalie dans les régions avoisinantes du cerveau. C'est ainsi qu'avait pu être démontrée la responsabilité d'une forme pathologique du prion dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob, chez l'homme, ou dans la maladie de la vache folle, l'encéphalopathie bovine spongiforme. La révélation qu'une particule protéique, dépourvue de matériel génétique, pouvait constituer un agent infectieux avait bousculé le dogme qui limitait aux bactéries, aux virus et aux parasites la possibilité de remplir ce rôle.

Pour Luc Buée, cette "hypothèse séduisante" pourrait aussi signifier que "la composante liée à la protéine tau occupe une part plus importante qu'on le croyait dans la maladie d'Alzheimer et que la protéine tau anormale a des effets plus graves lorsqu'elle sort du neurone. Cela implique aussi que le suivi de la protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien (dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière) pourrait aider au diagnostic de la maladie. Les espèces toxiques de la protéine pourraient également constituer des cibles thérapeutiques pour une immunothérapie", estime le spécialiste lillois.

L'équipe dirigée par M. Tolnay ouvre une piste nouvelle pour élucider l'origine de la maladie d'Alzheimer. Différentes hypothèses ont été formulées. Elles impliquent des facteurs environnementaux, incluant une exposition à des métaux lourds comme le mercure, et des facteurs génétiques de prédisposition : plusieurs gènes ont été identifiés mais il s'agit de formes familiales rares de la maladie.


Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 13.06.09
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